Le décès de Nignan Malick, un jeune Burkinabè de 23 ans, suscite l'indignation dans le quartier Belleville, à Abobo. Soupçonné du vol d'un tricycle appartenant à la patronne pour laquelle il travaillait, le jeune homme a été conduit de force dans le coffre d'une voiture et violemment agressé par plusieurs individus. Il est décédé des suites de ses blessures. Sa mère, Bazié Djénéba, réclame justice et souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de son fils. Trois suspects sont actuellement en fuite tandis que sa patronne est gardée à la gendarmerie.
Né le 12 décembre 2002, Nignan Malick était issu d’une famille modeste de quatre enfants. Après avoir arrêté sa scolarité en classe de CM2, il s’était orienté vers la mécanique automobile. Mais la fermeture de leur garage l’avait contraint à abandonner cette activité. Pour subvenir à ses besoins et surtout apporter un soutien financier à sa mère, il avait trouvé un emploi dans un dépôt de boissons à Abobo, précisément à Belleville, où il travaillait depuis environ quatre ans.
Malick, un soutien important pour la famille
Sa mère, Bazié Djénéba, elle-même employée comme femme de ménage, témoigne avec émotion de l’aide que lui apportait son fils. « Moi, je n’ai rien. Je fais le ménage pour nourrir mes enfants. Mon mari, son travail ne va pas. Quand je me lève le matin, je vais à Angré pour faire le ménage pour nourrir mes enfants. Des fois, je vais à Belle Côte. Je fais deux travaux pour joindre les deux bouts », raconte-t-elle, en larmes. Pour elle, Malick représentait un soutien important dans une famille aux ressources limitées.

Le mardi 29 septembre 2026, vers 20h30, alors qu’elle venait de rentrer du travail, Bazié Djénéba a été alertée par des enfants envoyés par son fils. Ceux-ci lui demandaient de se rendre rapidement au dépôt où Malick travaillait. Inquiète, elle leur a demandé pourquoi son fils ne venait pas lui-même. « Maman, c’est grave. Il faut venir toi-même. On ne peut pas te dire ce qui se passe », lui ont-ils répondu.
Une accusation qu’elle dit avoir immédiatement contestée, rappelant que Malick ne savait même pas conduire une moto
La mère s’est alors rendue sur place. Elle affirme y avoir appris que son fils était soupçonné d’avoir volé un tricycle. Une accusation qu’elle dit avoir immédiatement contestée, rappelant que Malick ne savait même pas conduire une moto.
Selon son récit, une employée a cependant affirmé qu’une caméra de surveillance avait filmé Malick à environ 3 heures du matin, au moment où le tricycle aurait été emporté. La situation a alors rapidement dégénéré.
Malick enfermé dans le coffre d’un véhicule
Bazié Djénéba accuse un certain Billy, présenté comme le gérant d’un maquis situé dans les environs, d’avoir saisi son fils avant de le placer dans le coffre d’une voiture. Elle affirme avoir crié et supplié les personnes présentes de laisser Malick afin qu’ils puissent rechercher le tricycle. Son fils a finalement été sorti du coffre dans un premier temps.

Le nommé Billy et ses 2 complices sont toujours en fuite
Mais, toujours selon son témoignage, la situation a repris de plus belle quelques heures plus tard. Vers 23 heures, Billy et deux autres individus ont remis le jeune homme dans le coffre du véhicule. « Je l’ai imploré en pleurant. J’ai attrapé la portière. Il m’a poussée et a démarré la voiture », raconte-t-elle.
La patronne du jeune homme lui aurait également demandé de ne pas intervenir, assurant, selon elle, que les individus voulaient simplement « effrayer » Malick avant de le ramener
La mère affirme avoir demandé où son fils était conduit. Il lui a été répondu que Malick était emmené au commissariat. La patronne du jeune homme lui aurait également demandé de ne pas intervenir, assurant, selon elle, que les individus voulaient simplement « effrayer » Malick avant de le ramener.
Restée plusieurs heures dans l’attente, Bazié Djénéba est finalement rentrée chez elle. Mais son fils ne reviendra jamais. Le mercredi 30 septembre, vers 6h30, sa patronne l’a appelée pour lui annoncer que Malick avait été frappé et se trouvait au CHU d’Angré.
Bazié Djénéba soucieuse du sort de son fils
La mère, alarmée, a immédiatement demandé les informations nécessaires pour retrouver son fils dans l’établissement hospitalier. Elle affirme toutefois ne pas avoir obtenu le numéro de téléphone de la personne qui l&rsqu (...)
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