Aucun établissement public ou privé, aucun conseil d’enseignement, aucune unité pédagogique ou structure locale en Côte d'Ivoire ne pourra imposer désormais aux élèves ou aux parents des manuels ou supports didactiques ne figurant pas sur la liste nationale retenue.

Cette mesure prise par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, à travers la circulaire modificative du 13 août 2026 (elle abroge la circulaire du 3 juillet 2026), vise à stabiliser les prescriptions, éviter les achats multiples ou injustifiés, garantir la conformité des supports aux programmes officiels, renforcer la cohérence pédagogique nationale et préparer progressivement la transition vers le manuel unique.

Partant, elle traduit non seulement la priorité stratégique du gouvernement de garantir à chaque élève un manuel unique par discipline et par niveau, afin d'assurer l'équité et l'harmonisation des supports pédagogiques, mais aussi de renforcer la qualité des apprentissages et l'efficacité du dispositif pédagogique.

Pour l'année scolaire 2026-2027 par exemple, la liste nationale corrigée et consolidée de manuels scolaires et supports didactiques a été publiée. Les parents d'élèves s'en félicitent.
La petite Rokia Diomandé fait la maternelle grande section dans une école privée à Yopougon Gesco. Son papa, chef mécanicien de son état, est heureux car pour lui, c'est embarrassant à chaque rentrée scolaire de choisir un nouveau manuel pour les enfants, selon la bonne volonté de l'établissement.

"Souvent on ne savait plus quelle collection prendre pour le livre de lecture. J'ai mon frère au village à Djibrosso, dans le département de Séguéla, qui nous sollicitait chaque année pour que nous puissions trouver dans des librairies à Abidjan les livres pour ses enfants du primaire. Car sur place au village là-bas, ce n'était pas évident. Surtout pour eux qui sont des paysans, analphabètes pour la plupart. Mais, c'est fini désormais, ce désordre en matière de manuels scolaires différents d'une école à une autre. C'est très facile de trouver un seul manuel dans une librairie", dit Oumar Diomandé, soulagé.

Mère d'un petit garçon en classe de CE2 dans une école primaire à Cocody-Angré, dame Fatoumata Sylla revient sur sa mésaventure en prélude à cette rentrée scolaire.
"Habituellement, j'achète les fournitures scolaires de mes enfants deux semaines avant la rentrée. Ainsi, l'école de mon fils m'a remis la liste et j'ai fait les achats. J'ai même acheté le livre de français à la librairie de France. En remettant les fournitures à l'institutrice, elle m'a fait savoir que la collection du livre n'est pas celle qui est exigée par la circulaire du ministère. Finalement, je dois débourser de l'argent pour être à jour. Cette mesure vient mettre fin à ce genre de désagréments que nous, parents, vivons", témoigne-t-elle.

Abou Traoré, résidant à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, est un parent ayant également des protégés à sa charge. Pour lui, cette décision est salutaire, parce qu'elle met fin à l'anarchie et rend la tâche facile aux parents.

"J'ai déjà eu un cas où mon enfant et un autre à ma charge étaient tous deux en classe de 5ème, mais dans des établissements différents. Les deux enfants se retrouvaient avec des ouvrages différents parce que chaque école prescrivait ses propres manuels. Il nous fallait dépenser non seulement assez d'argent, mais également assez d'énergie pour trouver ces livres.", explique-t-il.

CICG




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