À une époque où chacun regarde désormais ses contenus sur son propre écran, les souvenirs des soirées passées autour d’un téléviseur familial semblent appartenir à une autre génération. Dans les années 1980 en Côte d’Ivoire, la télévision n’était pas seulement un moyen de divertissement : elle représentait un véritable rendez-vous collectif, un espace de partage et de transmission entre familles, voisins et amis.

C’est cette période que le réalisateur ivoirien O. Assi, cofondateur d’Incrust', souhaite faire revivre à travers son projet cinématographique « La Télé du directeur », officiellement présenté le mardi 4 août 2026 lors d’une conférence de presse organisée au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.

Ce long métrage de 90 minutes propose une immersion dans la Côte d’Ivoire des années 1980, entre Grand-Bassam, Treichville et Adjamé, à travers l’histoire de Joseph Adou, un directeur d’école dont l’arrivée d’un téléviseur va progressivement transformer le quotidien d’un quartier.

Au-delà du récit, le film met en scène toute une époque : les habitudes vestimentaires et alimentaires, la musique, l’école, les relations humaines et surtout ces moments où les populations se retrouvaient autour du petit écran pour partager les mêmes émotions.

Une mémoire collective à transmettre

Pour Mme Fleur Tchibota, Directrice de Mantis Group, « La Télé du directeur » est bien plus qu'un simple film. À travers cette œuvre, elle voit une opportunité de transmettre aux jeunes générations l'histoire de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique, tout en leur léguant des valeurs essentielles. Selon elle, le cinéma constitue un puissant moyen de préserver et de transmettre le patrimoine culturel.

Cette vision est également portée par O. Assi, producteur et réalisateur du long métrage. Pour lui, cette œuvre dépasse largement le simple cadre du divertissement. Elle traduit une volonté de préserver une mémoire collective et de replonger les spectateurs dans une époque où des objets du quotidien, comme la télévision, contribuaient à renforcer les liens entre les populations.

« On va revivre une époque à travers ses costumes, son alimentation, sa musique, sa façon de célébrer et de se rassembler autour du football », explique le réalisateur.

Selon lui, la télévision occupait alors une place particulière dans la société ivoirienne.

« On se retrouvait autour de la télévision, on partageait les émotions ensemble. Aujourd’hui, le téléphone portable est malheureusement utilisé de manière individuelle », souligne-t-il.

À travers « La Télé du directeur », le cinéaste souhaite également interroger l’évolution des modes de communication et la place accordée aujourd’hui au collectif.

« Il y a des choses qui n’ont pas changé. Malheureusement, il y a aussi des choses que nous avons perdues. Et la télévision en était le vecteur », affirme-t-il.

Doté d’un budget prévisionnel de 100 millions de FCFA, le projet ambitionne de toucher un public ivoirien mais également international. Le réalisateur lance d’ailleurs un appel aux institutions et partenaires privés afin d’accompagner cette production culturelle.

Meiway, un nouveau défi artistique

Pour incarner le personnage principal, O. Assi a choisi Frédéric Ehui Meiway dans le rôle de Joseph Adou, le directeur d’école au centre de l’histoire.

Un choix qui s’explique notamment par le parcours et l’influence culturelle de l’artiste ivoirien. Pour le réalisateur, Meiway représente une personnalité capable de porter l’esprit de cette époque.

De son côté, le chanteur voit dans cette expérience une nouvelle étape de sa carrière artistique.

« Je suis un acteur culturel avant tout et nous militons pour la même passion. J’ai déjà tourné dans des films en Côte d’Ivoire et même au Burkina Faso. Mais ce film sera mon premier grand rôle », confie-t-il.

Au-delà du cinéma, Meiway considère également ce projet comme un outil de transmission auprès des jeunes générations.

« Nos enfants ne parlent même plus nos langues locales (...) Il y a des choses qu’il faut leur enseigner », estime-t-il, souhaitant contribuer à une œuvre qui permet aux jeunes de mieux connaître leur histoire et leur culture.

Un casting et une production tournés vers 2027

Autour de Meiway, le casting réunit plusieurs figures du cinéma et de la scène artistique ivoirienne, notamment Alexandra Amon, Ray Reboul, Roger Pegard, Fortuné Akakpo, Francis Wolf, Dosso Tiecouba, Anaïs Maussia, Diane Satou, Nastou Traoré, Oméga David et Dagnogo Dramane, ainsi que plusieurs enfants.

Présent lors de la conférence de presse, Guero Zokou, représentant de Catalyse Limited, a réaffirmé l'engagement de l'agence aux côtés de la production. Il a souligné la fierté de son équipe d'accompagner « La Télé du directeur » en qualité de partenaire stratégique.

« Nous sommes fiers d'accompagner ce projet en tant que partenaire stratégique. À travers cet engagement, nous contribuons à poser les bases d'une œuvre qui promet impact et culture », a-t-il déclaré.

Le tournage de « La Télé du directeur » est annoncé pour la mi-août 2026. La sortie du film est prévue pour 2027.

À travers cette production, O. Assi veut raconter plus qu’une histoire de télévision : celle d’une époque où un écran suffisait à rassembler tout un quartier et où le cinéma devient aujourd’hui un moyen de reconnecter les générations autour d’une mémoire commune.




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