Les faits remontent à la nuit du 6 au 7 mars 2026. Aux environs de 3 heures du matin, le Maréchal des logis D.M., en service à Agboville, se trouve dans un maquis du quartier RAN, où il consomme des boissons alcoolisées.

En violation des consignes strictes de sa hiérarchie, il dégoupille une grenade lacrymogène sur le parking de l'établissement, puis la jette dans un caniveau à proximité. En quelques instants, une épaisse fumée irrespirable envahit les lieux, provoquant un mouvement de panique parmi les clients, contraints d'évacuer précipitamment le maquis. Le sous-officier quitte ensuite les lieux sans se soucier des conséquences de son acte. Mais le lendemain, les responsables de l'établissement, ayant identifié l'auteur de l'incident, déposent plainte auprès de sa hiérarchie.

L'acte volontaire reconnu devant le Tribunal militaire

Le jeudi 9 juillet, le Tribunal Militaire d'Abidjan a rendu son verdict. Le Maréchal des logis D.M. a été reconnu coupable de plusieurs infractions : trouble à l'ordre public, mise en danger d'autrui, dissipation de matériel militaire et violation de consigne, en application des articles 179, 190, 393, 533 et 559 du Code pénal. À l'audience, le prévenu a reconnu les faits. Il a déclaré avoir volontairement dégoupillé puis lancé l'engin fumigène par « pur plaisir ». Une déclaration qui a pesé lourd dans la balance, témoignant d'un mépris flagrant des règles élémentaires de sécurité et des consignes militaires. Le Tribunal a infligé au sous-officier une peine de 18 mois d'emprisonnement, dont 12 mois ferme et 6 mois avec sursis. À cette condamnation s'ajoutent une interdiction, pendant cinq ans, de porter une arme et d'exercer les fonctions de juré ou d'assesseur, ainsi que l'obligation de faire publier, à ses frais, la décision de justice dans l'ensemble des casernes.

Cette publication, mesure rare, vise à sensibiliser l'ensemble des militaires aux conséquences graves de tels agissements. Le Tribunal a profité de ce jugement pour rappeler fermement que la détention et l'usage d'équipements militaires sont strictement réservés au service. Toute utilisation en dehors de ce cadre est contraire aux règles en vigueur et expose son auteur à de lourdes sanctions. Cette affaire, aussi isolée soit-elle, ternit l'image de la gendarmerie nationale. Un sous-officier, censé incarner l'autorité et la discipline, s'est rendu coupable d'un acte qui aurait pu tour (...)

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