Le Directeur général de l'Institut national d'hygiène publique (INHP), le professeur Ekra Kouadio Daniel évoque dans cet entretien les dispositifs mis en place au niveau sanitaire contre Ebola, en affirmant qu'à ce jour aucun cas n'a été détecté dans le pays.
Qu'est-ce que la maladie à virus Ebola ?
La maladie à virus Ebola est une maladie infectieuse due à un virus ayant plusieurs types. Cette maladie est déterminée par une fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires, avec une faiblesse généralisée, et qui, dans l'évolution, va entraîner des vomissements, des diarrhées, et plus tard va tendre vers des complications, notamment des saignements du nez, des gencives, et même l'élimination des selles noires, signe que la personne saigne en interne. Ce sont les signes classiques de l'Ebola. Vous l'aurez remarqué, les premiers signes sont pratiquement les mêmes que ceux de la dengue, le paludisme ou la typhoïde.
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Pouvez-vous confirmer aujourd'hui qu'aucun cas d'Ebola n’a été détecté sur le territoire ivoirien ?
Oui, je confirme qu'il n'y a aucun cas de virus Ebola sur le territoire ivoirien. Nous savons que depuis la mi-mai, il y a une épidémie qui sévit en République Démocratique du Congo (RDC), dans l'Ituri, et elle s’est même étendue un peu en Ouganda. Nous avons mis un système de surveillance en place en Côte d'Ivoire, et à ce jour, aucun cas n'a été détecté sur notre territoire.
Aujourd'hui, quel est l'objectif principal du dispositif de prévention et de lutte contre l'Ebola mis en place par la Côte d'Ivoire ?
L'objectif principal du dispositif est de détecter la maladie. Nous savons que la maladie sévit ailleurs, en Afrique centrale, mais notre pays a des échanges avec ces pays qui, aujourd'hui, font face à l'Ebola. Il y a donc le risque que la maladie puisse s'étendre à d'autres pays. L'OMS a d’ailleurs déclaré cette épidémie urgence de santé publique de portée internationale. Nous avons donc mis en place des dispositifs dans notre pays, afin de surveiller et détecter les cas d'Ebola qui se seraient déclarés chez nous, et les prendre en charge pour que la maladie ne puisse pas sévir dans notre pays.
Quelles sont les principales mesures de surveillance mises en œuvre aux frontières ivoiriennes ?
Au niveau de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny, principale porte d’entrée de notre pays, nous avons sensibilisé tous les acteurs de la plateforme aéroportuaire. Nous avons mis en place un système de contrôle des températures. Lorsque les passagers arrivent, ils passent devant une caméra thermique et les températures sont automatiquement prises, de sorte que s'il y a un malade, il puisse être aussitôt détecté. Ensuite, nous avons mis un dispositif de distribution de gel hydroalcoolique pour désinfecter les mains lorsque les passagers arrivent. De concert avec les autorités de l'aéroport, nous avons renforcé le matériel de prise en charge en cas de détection de malade d'ébola qui arrive à l'aéroport. Il s'agit en effet d'un service de mise en quarantaine, déjà fonctionnel, qui reçoit les passagers détectés positifs qui sont ensuite conduits à l'hôpital.
Aux frontières terrestres, nous avons renforcé la surveillance épidémiologique par le contrôle des températures, la distribution de gel hydroalcoolique, la mise en place d'un dispositif de lavage des mains. Tous ceux qui rentrent en Côte d'Ivoire doivent suivre rigoureusement ces mesures. Nous avons renforcé les formations à l'endroit des Directeurs Régionaux et des Directeurs Départementaux afin d'assurer la prise en charge rapide des personnes qui auraient échappé au contrôle à l’aéroport et aux frontières terrestres. Les formations se poursuivent pour le personnel de santé en vue de renforcer les éléments de surveillance et de prise en charge.
Quel rôle joue l'Institut National d'Hygiène Publique (INHP) dans la prévention et la riposte contre Ebola ?
L'Institut National d'Hygiène Publique (INHP) a pour rôle de surveiller, détecter, et en synergie avec tous les Districts sanitaires, les Directions Régionales, de riposter. Nous avons aussi un centre d'opérations d'urgence de santé publique qui a pour rôle de connecter tout le système de santé sur l'ensemble du territoire pour permettre de détecter et de suivre les ripostes au cas où il y a une urgence. Ce système n’existe pas seulement pour l'Ebola, mais pour toutes les maladies, tels le choléra, la dengue ou d'autres pathologies. Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a la capacité de détecter le type de virus d’Ebola qui est en circulation. L'Institut Pasteur, qui est notre premier partenaire dans le cadre de la riposte, dispose des kits nécessaires pour faire le diagnostic.
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Comment la Côte d’Ivoire collabore-t-elle aujourd’hui avec les Institutions internationales, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la lutte contre certaines pathologies, notamment l’Ebola ?
La Côte d'Ivoire a une collaboration franche avec l'ensemble des partenaires dont le premier est l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui partage avec nous les informations sur l'évolution de la maladie en RDC et dans le monde entier, et aussi nous fait des formations. Dans le cadre de la lutte globale contre les maladies, nous avons toujours eu le soutien de l'OMS. A titre d’illustration, l'année dernière, en ce qui concerne le choléra dont des cas ont été enregistrés en Côte d'Ivoire, l'OMS nous a offert plus de 50 000 doses de vaccins, ainsi que des vaccins contre la fièvre jaune. En somme, nous avons une bonne collaboration avec tous les partenaires du système de santé qui appuient le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle.
Votre mot de fin ?
Je veux finir en rappelant aux Ivoiriens que Ebola existe bel et bien en RDC et sévit aussi en Ouganda. Il est important d'adopter des mesures préventives. La première est d'éviter de toucher ou de manipuler les carcasses d'animaux morts, notamment les chauves-souris, les singes, les antilopes, ou tout autre animal dont la mort reste suspecte. Il faut aussi éviter de toucher et de manipuler le sang. Nous recommandons également le lavage des mains, d’autant que la contamination se fait par le contact, à travers les fluides du malade, soit les vomissements, les selles, la sueur et autres. Il faut se laver régulièrement les mains à l'eau et au savon. Ce geste, certes simple, peut préserver de plusieurs maladies, y compris Ebola.
CICG
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