CPI / Fatou Bensouda demande l'annulation des acquittements de Laurent Gbagbo et Blé Goudé


Du côté des victimes, l’avocate a dénoncé des procédures « fondamentalement injustes ».
  • Source: linfodrome.com
  • Date: mar. 23 juin 2020
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Depuis ce lundi matin, Fatou Bensouda et son équipe exposent et défendent les raisons qui les poussent à faire appel de l'acquittement de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé. L'accusation a trois jours pour convaincre.

Comme prévu, l'accusation réclame l'invalidation du procès et l'annulation des acquittements. Hier matin lundi 22 juin 2020, ses conseils ont pris la parole pendant trente minutes pour défendre cette démarche. Le bureau du procureur dénonce des vices de procédure commis par la chambre de première instance. La substitut du procureur évoquait le fait que les magistrats avaient remis leurs motivations écrites six mois après avoir décidé d'acquitter l'ancien président et l'ancien ministre la Jeunesse de Côte d'Ivoire.

Pour rappel, le 15 janvier 2019, les juges de la chambre de première instance avaient prononcé l'acquittement de l'ancien chef de l'État ivoirien, à l'oral. Une décision présentée comme étant « prise à la majorité ». Et six mois plus tard, les juges avaient rendu leur mémoire écrit, détaillant les arguments qui avaient motivé l'acquittement. Cette décision d'acquittement « n'est pas un patchwork », souligne Me Gallmetzer Reinhold, elle aurait dû être prononcée au moment où le mémoire écrit était prêt.

Pour l'accusation, lorsqu'ils ont pris leur décision en janvier 2019, les juges ne pouvaient pas avoir eu le temps d'analyser les 4 600 pièces à conviction et les 96 témoignages présentés au cours des trois années dédiées à l'accusation. Elle estime donc que cela a eu un impact sur le résultat final, c'est-à-dire l'acquittement.

« Fondamentalement injustes »

Du côté des victimes, l'avocate a dénoncé des procédures « fondamentalement injustes ». Elle a aussi rappelé les divergences entre les trois juges, tout au long de l'affaire. Pour Me Paolina Massidda, le procès n'a pas permis de faire la lumière sur la crise de 2010-2011 : « Le droit à la vérité, à la justice et éventuellement à des réparations a été biaisé en raison de l'incapacité de la chambre de première instance à mener une procédure équitable. Nous avons identifié plusieurs erreurs dans la décision écrite des juges. Ils ne sont pas parvenus à faire la lumière sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire. »

Pour la défense, ces arguments ne sont pas fondés. Pendant deux ans, la procureure a eu le temps, de présenter son cas, les droits de Laurent Gbagbo étaient au cœur des démarches des juges. « Quelle justice aurait été rendue si les juges avaient attendu six mois de plus pour r (...)

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