Corruption au sommet de l'Etat : Bictogo propose un ''principe de rotation'' dans les administrations

  • Source: APA
  • Date: mar. 10 sept. 2013
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L'ancien ministre ivoirien de l'intégration africaine, Adama Bictogo, a proposé mardi à Abidjan, la mise en place d'un ''principe de rotation'' dans les administrations en vue de lutter contre la corruption au sommet de l'Etat.

''Si vous êtes homme d'affaires et que vous devenez ministre, cela peut être compréhensible, mais si vous êtes ministre que vous devenez par la suite homme d'affaires, cela peut être incompréhensible'', a estimé M. Bictogo qui était l'invité du rendez-vous de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), présidée par Moussa Traoré.

La meilleure façon de contrôler la corruption, a-t-il expliqué, est la ''mise en place d'un principe de rotation'' dans les administrations.

''Si un haut fonctionnaire considère que s'il est nommé à un poste, il en a pour tout le mandat de cinq ans, alors il peut ne pas faire trop d'effort'', a encore soutenu, Adama Bictogo, membre de la direction du Rassemblement des républicains (Rdr, au pouvoir).

Le Député d'Agboville (50 km au Nord-Est d'Abidjan), révélant que ''l'information revient que dans certaines administrations, il aurait la corruption'', ajoute que la ''lutte contre la corruption peut passer également par l'augmentation des salaires des fonctionnaires''.

Dans des milieux économiques et diplomatiques, beaucoup d'observateurs, dénoncent le niveau de corruption atteint dans certaines sphères du nouveau pouvoir. La Côte d'Ivoire perd annuellement plus de 300 milliards de fcfa du fait du racket et de la corruption, selon des études menées par des institutions financières internationales et d'autres partenaires au développement.

Le classement 2012 de l'Indice de Perception de la Corruption publié par Transparency International classe le pays au 130ème rang sur 180 pays avec un score de 29 sur 100. Ce rang est en progrès par rapport au classement de 2011 dans lequel, il occupait la 154ème place sur 182 pays avec une note de 22 sur 100.

L'ex-ministre de l'Intégration africaine, Adama Bictogo, par ailleurs ancien membre de la médiation ouest-africaine dans la crise au Mali, a rendu en mai 2012, sa démission au président Alassane Ouattara. Son nom était cité dans l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan en 2006 qui avaient fait 17 morts et contaminé plusieurs milliers de personnes.

''Je n'ai aucun lien avec les déchets toxiques'', a encore clamé au cours de sa conférence, M. Bictogo, reconnaissant toutefois, avoir un joué un ''rôle de facilitateur'' entre le ministre de l'intérieur d'alors, Désiré Tagro, l'affréteur du Probo Koala, les victimes et la Société générale de banque de Côte d'Ivoire (SGBCI) où était bloqué l'argent d'indemnisation de près de 23 000 victimes des déchets toxiques.

Se prononçant sur le concept de ''rattrapage'' du pouvoir Alassane Ouattara, dénoncé par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) et l'opposition, Adama Bictogo qui se plait dans son statut d'opérateur économique pour avoir crée plus de 300 emplois en un an, estime qu'il y a des nominations qui sont basées sur la ''confiance''.

''C'est la lecture politique de certaines personnes qui donne cettte impression de rattrapage'', a-t-il ajouté, en concluant qu'il y a eu des ''écarts''.

LS/jbk/APA


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