Agrobusiness, Probo Koala, banques volantes, Comium, Cora... : Ces affaires de gros sous restées sans suite


Même les victimes du Probo Koala attendent toujours d'être indemnisées.
  • Source: linfodrome.com
  • Date: vend. 15 nov. 2019
  • Visites: 1577
  • Commentaires: 0
Ce sont toutes des affaires de gros sous qui ont ébranlé la Côte d'Ivoire. Mais, dont les principales victimes sont les ''pauvres populations''. Ces affaires ont pour noms, entre autres, Agrobusiness, Maisons de placement d'argent qualifiées de ''banques volantes'', Comium, Cora de Comstar, Probo Koala. Retour sur des business dont les termes ont laissé un goût amer aux souscripteurs.

L'affaire la plus récente remonte à 2017, lorsque le gouvernement décide de mettre fin aux activités des sociétés dite d'agrobusiness qui opéraient pourtant timidement dans le pays entre 2008 et 2009 avec monhevea.com et Respiidia world group, avant d'atteindre leur vitesse de croisière en 2016 avec 26 autres entreprises.

Le business consistait pour les souscripteurs à investir leur épargne dans des exploitations agricoles ou des produits maraîchers et percevait en retour, sur une période donnée, ce que les acteurs du secteur ont appelé Retour sur investissement (Rsi), entre 100 et 300 % du capital investi.

Tout fonctionnait très bien jusqu'à ce que le gouvernement s'aperçoive que les bénéfices étaient énormes pour les souscripteurs. C'est alors que les autorités ivoiriennes se sentant interpellées, diligentent une enquête dont les conclusions font savoir qu'il ne s'agirait ni plus ni moins que d'un système dit de « cavalerie » où la société rembourse les prêts des premiers souscripteurs avec l'argent des suivants. Le gouvernement décide sur la base des résultats de l'enquête qu'une telle activité ne peut continuer de prospérer dans le pays, estimant que c'est de « l'escroquerie », et prend de fait l'engagement de protéger les populations contre ce type d'arnaque. La solution des autorités étatiques consiste alors au gel des comptes des sociétés concernées en vue de procéder elles-mêmes au remboursement des souscripteurs. Cette procédure est perçue par les promoteurs ainsi que les associations de souscripteurs, comme une erreur de la part de l'Etat qui, en décidant de geler les comptes des structures d'agrobusiness, ''outrepassait ses droits et surtout bloquait ainsi une mécanique dont, jusqu'ici, aucun souscripteur n'avait eu à se plaindre''.

La force publique s'étant saisi de l'affaire, les populations n'avaient d'autres choix que de se résoudre à suivre le processus qui venait d'être enclenché. Au total, le ministère de l'Économie et des Finances qui pilotait l'opération a recensé 54 181 souscripteurs (à la date du 28 février 2018) à qui il devrait verser un peu plus de 100,5 milliards de fcfa, au titre du capital investi, sans les Rsi.

Malheureusement, les fonds levés dans les différents comptes des sociétés n'ont pu permettre d'atteindre ce montant attendu pour rembourser les investissements consentis. En fin de compte, sur la centaine de milliards fcfa, ce sont 11,04 milliards qui ont été redistribués. Certains souscripteurs, qui ont investi des centaines de mille, s'en sont sortis parfois avec des sommes inférieures à 10 000 fcfa. Cela, parce que les taux de remboursement ont été déterminés au prorata des fonds disponibles sur les comptes bancaires de chaque entreprise incriminée.

Les ex-employés de Comium livrés à eux-mêmes

Le 1er avril 2016, la société Comium s'est vue retirer la licence télécoms par l'État de Côte d'Ivoire à travers ses démembrements en charge de la gestion des activités du secteur des télécommunications. L'opérateur mobile qui exploitation le réseaux Koz a été contraint de fermer, avec à la charge, 314 désormais ex-employés à qui l'entreprise devrait verser des droits. Bientôt, cela va faire quatre ans que les ex-agents de cette société attendent d'être dédommagés. Et cela, en dépit des décisions de justice en faveur du liquidateur et au profit des employés donnant le droit de vendre le bâtiment abritant le siège de l'entreprise pour s'acquitter des droits et dommages des employés.

A ce jour, la vente du siège prévue pour payer les droits reste bloquée malgré toutes les décisions de justice. Aussi, l'ordonnance d'autorisation de la vente n'est pas encore signée pour des raisons de procédures, selon la version officielle. Certaines sources proches du dossier, quant à elles, laissent entendre que l'exécution de ces décisions rencontre des blocages parce que la juridiction en charge de l'affaire subordonne la signature de l'ordonnance relative à la mise en vente du siège au changement de dénomination sur le titre foncier.

En attendant, les ex-employés sont livrés à eux-mêmes dans une affaire dans laquelle la responsabilité de l'État de Côte d'Ivoire est fortement engagée.

L'affaire Cora de Comstar, encore vivace dans les esprits

Ici également, les perdants restent les ''pauvres populations'' qui, au regard de l'état d'évolution du dossier, n'ont personne pour les défendre quand bien même il s'agit d'affaire dont l'élément déclencheur a un rapport, d'une manière ou d'une autre, avec l'entité étatique. Cette société de téléphonie mobile fermée depuis le 9 octobre 2003, suite à une suspension du réseau par les actionnaires américains, n'a pu intéresser son personnel jusqu'à ce jour. Or, ce personnel ne réclamait que 9 milliards fcfa environ. En 2015, lors d'un sit-in à Abidjan violemment dispersé par la police, le porte-parole du collectif des ex-agents de Cora de Comstar, Daouda Coulibaly, informait que ses camarades et lui ne demandent que «le protocole d'accord» signé en mai 2007 entre les Etats Unis d'Amérique et la Côte d'Ivoire à l'ambassade ivoirienne à Washington, qui est «le seul document» qui manque au dossier pour qu'enfin, l (...)

Lire la suite sur linfodrome.com


Côte d'Ivoire Abidjan téléphonie mobile gouvernement police




Educarriere sur Facebook

Offres d'emploi du jour