Depuis Kinshasa, Soro sans pitié contre le pouvoir : « Pour moi, le président de la République est un être humain, ni demi-dieu, ni roi », ses éloges à Gbagbo


Guillaume Soro souligne les honneurs à lui accorder à Kinshasa, comme ici avec le président de la République, Félix Tshisekedi.
  • Source: linfodrome.com
  • Date: lun. 03 juin 2019
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Guillaume Soro n'en a pas fini avec ses offensives contre les tenants du pouvoir en Côte d'Ivoire. Depuis Kinshasa, où il a séjourné pour les obsèques de l'opposant, Etienne Tshisekedi, géniteur de l'actuel président congolais, il se montrer sans pitié pour les dirigeants actuels de la Côte d'Ivoire dans cette note qu'il intitule lui-même, ''Nouvelles de Kinshasa-la-Belle (1ère partie)''. Ci-dessous, l'intégralité de son texte dans lequel il fait des éloges de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, comparé à son successeur, Alassane Ouattara.

Ce dimanche depuis ma chambre, je contemple l'aurore, dans ce beau ciel de Kinshasa la belle, si admirablement évoquée dans une chanson de Francis Bebey. J'entends au loin les puissants bruissements du majestueux Fleuve Congo, unissant les capitales des deux Congo comme pour célébrer l'unité africaine.

Je me suis réveillé tôt. En effet, hier alors que je m'étais promis de sortir (c'est aussi l'avantage d'être un chômeur du moins libre des contraintes des fonctions régaliennes) faire la fête - et l'on me dit que ça «bringue » fort à Kin, comme on dit chez nous - je me suis endormi sans crier gare, épuisé que j'étais. Un vol éreintant d'Abidjan à Kinshasa en passant par Johannesburg a eu raison de moi. Sans répit, j'ai pris en cours de déroulement la cérémonie des obsèques de feu le père Tshisekedi. Pour dire la vérité (Par ces temps qui courent la vérité est plutôt rare) je n'ai pas connu l'homme Etienne Tshisekedi. Je ne l'ai jamais rencontré. Oui bien sûr, j'entendais scander son nom du fin fond de la savane du nord ivoirien. Des échos des radios nous parvenaient les noms de Lumumba, Kasavubu, Mobutu, Tshisekedi. Ensuite Tshisekedi et Kabila, tous ces noms je les connaissais. Mais, Kinshasa était trop éloignée de Katiola pour que j'en sache grand' chose.

Me voilà à Kinshasa en ce mois de mai. Je ne pouvais être absent. Être présent était un devoir de la fraternité africaine et pour cause! Je ne suis pas venu faire de la politique à Kinshasa. Je suis venu répondre à l'appel de la fraternité, à l'amitié. Je voudrais vous conter en quelques mots mon arrivée ici.

Je suis accueilli à l'aéroport par le gouverneur de la ville de Kinshasa (14 millions d'habitants). Oh comment ? Le nouveau gouverneur, M. Gentiny Ngobila Mbaka. Ce monsieur Ngobila est un ami. Un frère. Affable, je dirai même naturellement débonnaire. Nous nous sommes toujours voués une réciproque admiration. Gentiny Ngobila est un ami fidèle à Aubin Minaku, qui est aussi mon ami et frère. Gentiny a été d'un précieux soutien. Son engagement à me défendre et défendre ma cause a toujours été univoque et sans la moindre équivoque, aux heures où certains se délectaient à l'idée de me jeter en pâture. Je me souviens que lors des affaires des écoutes téléphoniques du Burkina, N'gobila, alors simple député, n'avait pas hésité à donner une grosse interview pour dénoncer la cabale. Et je n'oublierai jamais qu'à cette époque, dans son interview, il disait : « Personne ne pourra contrarier le destin de GKS que Dieu lui a tracé ».

 

Des éloges à Gbagbo

J'étais loin de m'imaginer que 5 ans après, mon ami Ngobila serait au pied de l'avion pour m'accueillir en ses grades et qualités de Gouverneur de Kinshasa. Pour les niais qui ne savent pas ce que c'est qu'un gouverneur en République Démocratique du Congo, je reviendrai sur le sujet pour leur en toucher un mot. Pour l'heure, ne nous distrayons pas. Je tiens à dire merci au Gouverneur, mon ami personnel, Gentiny Ngobila Mbaka. Son destin est un exploit ! Etre gouverneur de deux provinces, Sénateur. C'est un honneur qu'il m'a fait de venir m'accueillir, car avant moi, c'est le Vice-Président de l'Ouganda qu'il accueillait et que j'ai pu saluer dans le salon d'honneur Présidentiel. Ce à quoi je n'ai pas aujourd'hui droit dans mon propre pays, la Côte d'Ivoire. Où sous le régime actuel, le salon d'honneur présidentiel est devenu quasiment un lieu fétichisé, un Saint-Graal auquel n'ont accès que certains privilégiés triés sur le volet de l'exception rare. Quand tu n'es pas RHDP, ne t'y aventure pas. Pauvre de nous!

Autrefois, ce fut de ce point de vue, bien meilleur. Du moins, du temps où Gbagbo était président. Oui, j'en atteste : à cette époque le Premier Ministre que j'étais pouvait solliciter avec succès le Salon Présidentiel. Loin de moi l'idée de vouloir dédouaner Gbagbo de tout, mais la vérité est implacable. Gbagbo ne considérait pas le salon Présidentiel comme les Illuminati considèrent le Graal. Il le considérait comme un édifice au service de l'image de marque de la Côte d'Ivoire. Du moins, c'est ce que j'ai pu observer. Par contre, je me souviens encore de la différence. Premier Ministre d'Ado, on me fit bien, dès les débuts, savoir qu'il ne fallait pas se tromper de direction à l'Aéroport d'Abidjan. Je dus ravaler ma honte quelquefois pour recevoir certains de mes hôtes de marque au salon ministériel, alors que dans leur pays ils me recevaient avec faste et grandeur. Dans d'autres pays le salon Présidentiel est en même temps le salon où les ministres, les Présidents d'institutions et certaines personnalités reçoivent les invités du pays. Ils ne sont pas dans un culte ridicule de la personnalité qui veut actuellement que quand le PR a posé ses fesses sur un fauteuil du salon Présidentiel, un autre être humain (ô sacrilège !!), personne d'autre ne devrait s'en approcher, au risque d'être frappé par le courroux d'un pré-carré obséquieux et fiévreusement idolâtre. Nous sommes en 2019 ; pas au temps de Louis XIV ! Qu'on s'entende bien. Pour moi, le Président de la République est un être humain ; ni demi-dieu, ni roi. Bref, fermons la digression.

Moi, simple député de Ferké, admis au Salon Présidentiel au Congo? C'est bel et bien ce qui s'est passé. Alors qu'à longueur de journée les fidèles parmi les fidèles du RHDP ont convaincu leur Chef qu'il fallait me dépouiller, me vouer, me dénuder, m'écraser, en m'arrachant les apparats du pouvoir et que vite, très (...)

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