Pdci-Rda, Gouvernance Ouattara, Assembée nationale, Soro,... : Les vérités de Yasmina Ouégnin, ses reproches et ses attentes

  • Source: linfodrome.com
  • Date: mar. 07 mai 2019
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Elle en accorde rarement les interviews. Mais, quand elle décide de parler, c'est le verbe direct, la pensée sans détours. L'honorable Yasmina Ouegnin s'est confiée aux Rédacrions de L'inter et de linfodrome.ci. Dans cet entretien, la député de cocody aborde toutes mes questions sans retenue sur son actualité et celle brûlante du pays; Ci-dessous, ses positions sur plusieurs questions cruciales de l'heure.

Députée de Cocody, sous la bannière PDCI-RDA en 2011, vous êtes réélue en 2016, sur une liste indépendante. Comment vous situerez-vous sur l'échiquier politique ivoirien ? 

Comme vous le soulignez, j'ai été réélue en 2016, en tant que tête d'une liste indépendante « Ensemble Pour Cocody ». Lors des dernières législatives, c'est en âme et conscience que j'ai choisi de m'affranchir de toute obédience partisane. Il était important pour moi de mieux exprimer mes convictions et d'offrir ma vision d'une société ivoirienne rassemblée. Je me situerai toujours là où l'intérêt national sera un enjeu.

 

Peut-on considérer que vous avez définitivement rompu avec le PDCI-RDA, parti au sein duquel votre père a pourtant milité toute sa vie, auprès du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY ?

Justement, c'est pour ça que je reste militante de ce grand parti, à jour de mes cotisations et toujours membre du Bureau Politique. Je ne puis rompre avec le legs politique du père fondateur dont la philosophie et les valeurs sont encore réclamées par une grande majorité d'ivoiriens. Par contre, il reste acquis que le mode de gestion du parti ainsi que les choix opérés, souvent au mépris du débat contradictoire et constructif, m'ont motivé à préserver une autonomie d'action afin de faire valoir des idées différentes.

 

Quels sont vos points de désaccords avec le PDCI-RDA ?

C'est d'abord les méthodes... La gouvernance du PDCI-RDA ne concourait pas à l'émergence de solutions utiles à consacrer l'épithète "démocratique" contenu dans son appellation. Certains choix importants se sont faits sans considération aucune pour les opinions alternatives, et pire, les voix différentes ont été toutes frappées d'ostracisme par le jeu d'appareil du parti.

 

On observe un rapprochement ces dernières semaines, quelles en sont les raisons ?

Depuis l'Appel de Daoukro, en septembre 2014, jusqu'à ce jour, mes positions n'ont pas variées. Je fus, je suis et je serai toujours opposée à la disparition du PDCI-RDA. En revanche, les certitudes d'alors de la direction du parti ont considérablement évolué, au point d'épouser enfin l'argumentaire que plusieurs d'entre nous défendions déjà à l'époque, et pour lequel nous avons été cloués au pilori. Nous avons donc eu tort d'avoir raison plus tôt.

 

Vous êtes perçue comme l'une des voix les plus discordantes du régime OUATTARA. Quels sont vos reproches au Gouvernement actuel ?

Je n'ai pas que des reproches à faire au régime actuel ; ce serait m'enfermer dans une vision manichéenne des choses. Toutefois, je ne suis pas satisfaite en tant que simple citoyenne du traitement de certaines préoccupations, pourtant de hautes portées nationales.

D'abord, la question de la Réconciliation a été abordée de manière trop clivante. Ce qui, bien évidemment, ne pouvait donner les résultats attendus par tous. Je ne reviendrai pas sur les recommandations de la défunte CDVR qui n'ont pas été convenablement exploitées. Sauf à croire que l'indemnisation de quelques victimes suffise à promouvoir la cohésion sociale et l'unité nationale, il y a bien d'autres aspects de la question qui mériteraient une plus grande attention du Gouvernement. Ensuite, de nombreuses décisions ont porté un sérieux coup de frein aux avancées démocratiques dans le jeu politique national. Cela a engendré une crise de confiance entre nos institutions et l'immense majorité d'ivoiriens qui tiennent à préserver tous les acquis démocratiques obtenus de haute lutte. Les violences engendrées par les élections locales de 2018 ont, par exemple, malheureusement souligné les lacunes de notre expérience électorale. Enfin, je constate avec regrets que c'est en fin de second mandat que le Président de la République a instruit son Gouvernement à l'effet de mettre plus l'accent sur le social. J'y vois un aveu d'échec sur ce volet.

 

Une alternative pourrait intervenir en 2020, quelles sont vos attentes à cet égard ?

A l'instar de tous les Ivoiriens, j'aspire à voir notre pays réconcilié avec lui-même et uni dans sa diversité. Par ailleurs, la consolidation de la démocratie est un critère indispensable à toute société qui a prétention au progrès et au bien-être de ses citoyens. Les populations les plus vulnérables doivent faire l'objet de plus d'égards à travers des politiques qui contribuent à une meilleure inclusion et une réelle solidarité après ces trop longues années de crises.

 

Qui, selon vous, pourrait incarner un nouveau Leadership ? Vous-même ?

Ce ne sont pas les compétences qui (...)

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