FPI : Depuis la Haye, l'hommage émouvant de Laurent Gbagbo à Sangaré, comment ils se sont rencontrés, tout sur leur longue marche ensemble


Détenu à la Haye, loin du pays, Laurent Gbagbo très affecté par la disparition de son ami et ''frère'', Sangaré Abou Drahamane
  • Source: linfodrome.com
  • Date: lun. 05 nov. 2018
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Très affecté par le décès de son vieux et fidèle compagnon de lutte, Abou Drahamane Sangaré, l'ex-président ivoirien détenu à la Haye, Laurent Gbagbo, a tenu à rendre un hommage spécial à son camarade décédé le samedi 3 novembre 2018. Ci-dessous, son témoignage émouvant dont linfodrome.ci a reçu copie.

Que de combats n’avons-nous pas menés ensemble, que de misère n’avons-nous pas partagée ensemble ; que de souffrances n’avons-nous pas connues ensemble; mais aussi, que de rêves n’avons-nous pas caressés et de joies ne sommes-nous pas communiquées mutuellement. Inséparables, nous sommes unis par un destin commun que notre foi en la démocratie, comme meilleur mode de gestion des contradictions inhérentes à toutes les communautés humaines, nous a imposé. Pour cet objectif, nous avons fait esprit ensemble dans une sorte d’osmose qui nous permet de nous transférer nos idées, de façon commutative, même quand nous sommes séparés physiquement. Cette fusion d’esprit, dans deux corps différents, nous a permis, grâce à l’alternance dans l’action, de déjouer les différents et nombreux pièges de l’adversaire. Ainsi, quand je suis ici et que tu n’es pas ici, tu y es aussi. Quand tu es là-bas et que je ne suis pas là-bas, j’y suis aussi.
Nous avons, ensemble, fait dos rond et appris à supporter tous les coups durs afin de minimiser nos peines et nos souffrances pour rester constants sur le chemin vers notre objectif commun, démocratiser notre pays. Comme si c’était le Bon Dieu lui-même qui tenait à nous rappeler le caractère sacerdotal de notre engagement, le lieu de notre première rencontre et le lieu de notre séparation physique définitive coïncident : la prison. La prison nous a unis la première fois en 1971 à Séguéla à cause de nos idées politiques, la prison nous a séparés physiquement depuis le 11 avril 2011 et, une fois encore, pour nos idées politiques. A cause toujours de la prison, je n’ai pas pu être à tes côtés pour recueillir tes dernières confidences.
Je me trouve à des milliers de kilomètres de toi au moment où nous nous séparons physiquement de façon définitive. Entre les deux extrémités de notre parcours, que de brimades, que d’humiliations et de souffrances, mais, par-dessus tout, que d’espérances suscitées en nos concitoyens. Depuis 1971, tu as été de tous les combats, sans relâche, dans la loyauté et la fidélité à nos idéaux.
De la palmeraie de Dabou en 1988 au congrès de Moossou en 2018, tu es resté le gardien fidèle de notre instrument de lutte: le FPI. Après tant de sacrifices, alors que tout t’autorisait à réclamer la primauté, tu t’es toujours refusé de solliciter une quelconque prime particulière.
Au contraire, tu as été l’artisan du transfert du pouvoir au sein du parti à la jeune classe. Cette posture de grande dignité a contribué à te hisser au sommet du parti dans la conscience de tous nos militants qui, à juste titre, t’ont décerné le titre de « gardien du temple ». Tu as, en effet, su garder la maison stable sur les flots malgré les torrents et les tempêtes qui l’ont secouée. Quand tout semblait compromis, ton calme et ta sérénité ont toujours redonné l’espoir.
En février 1992, quand la violence étatique s’est aba (...)

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