Après la révocation d'Akossi Bendjo : Des populations du Plateau se soulèvent

  • Source: linfodrome.com
  • Date: sam. 04 août 2018
  • Visites: 1461
  • Commentaires: 0
Il était environ 10h15 min ce jeudi 02 août 2018, lorsque des femmes, bandeaux rouges autour de la tête, sifflets à la bouche, ont envahi la cour de la mairie du Plateau. Elles ont été très vite rejointes par des jeunes de la commune, des militants du Pdci-Rda et quelques agents de la mairie.

Des éléments de la police nationale, sans doute informés des mouvements, étaient en position, pour certainement circonscrire la manifestation. « On veut Bendjo », scandait en chœur la foule rassemblée dans la cour de la mairie, non loin de la salle des mariages. « Nous sommes venus manifester notre mécontentement parce que notre maire a été révoqué de ses fonctions en violation de toutes les procédures », a confié à L’inter Mme Krizo Anastasie, secrétaire général de l’Association des femmes résidentes du Plateau (Afrp).

A relire: Après son débarquement de la mairie du Plateau, Akossi Bendjo réagit depuis l'Europe: « Maintenant que les masques sont tombés, nous prendrons nos responsabilités »

Les femmes pour le coup d’envoi. C’est, en effet, cette organisation qui a initié ce mouvement qui entend « dénoncer avec fermeté, la décision du gouvernement qui révoque le maire Akossi Bendjo de la tête de la mairie du Plateau ». Ces jeunes, femmes, militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et agents exerçant à la mairie du Plateau, acquis à la cause de M. Bendjo, sont convaincus que le désormais ex-maire est victime d’un acharnement politique. « Depuis des mois, le maire du Plateau est acculé. On l’accuse de tout et de rien. Et maintenant, ils vont jusqu’à le révoquer, l’accusant de vol, détournement, etc. Pour notre part, si le maire est touché, c’est aussi la population du Plateau qui est touchée, étant donné qu’il s’occupe de nous. Pour cette raison, nous allons manifester jusqu’à obtenir qu’il soit réintégré dans ses fonctions », s’est exprimée la Sg de l’Afrp. Puis d’ajouter : « Nous savons que la raison principale pour laquelle le maire Bendjo subit cette injustice, c’est son refus d’adhérer au parti unifié ».

Pour un autre manifestant, K. K., bien introduit dans les arcanes du Pdci, « Bendjo a trop fait pour Ouattara. Il ne mérite pas ce qui lui arrive ». Il se rappelle que si le président Ouattara a été accepté au Plateau, c’est grâce à Akossi Bendjo et que c’est surtout à cause de ce dernier que beaucoup d’entre eux ont soutenu en 2010 le Rhdp et son candidat Alassane Ouattara. « Nous étions, pour la plupart, de Lmp (La majorité présidentielle, Ndlr). Mais à cause de Bendjo, nous sommes devenus Pdci et avons soutenu par la suite Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle de 2010. C’est pour cela que nous disons que ce n’est pas comme cela que Ouattara doit le remercier », a-t-il regretté.

 A lire aussi: Révocation du maire du Plateau Akossi Bendjo : Bédié cogne fort et dénonce une « dérive autoritaire » du régime Ouattara, le Pdci saisit la communauté internationale

Colère. Si la plupart des manifestants font une fixation sur le cas Bendjo, d’autres, par contre, se projettent un peu plus loin. Ils craignent, pour leur part, peut-être avec ironie, que « le gouvernement en vienne à démettre et nommer bientôt les chefs de village ». « C’est à cela qu’on s’achemine, si on n’y prend garde. La situation est bien plus inquiétante qu’on pourrait le penser », a fulminé une dame, la soixantaine révolue, se faisant appeler ‘Maman Bendjo’’. La manifestation a duré à peine une heure (10h-11h), avant que la foule, conduite par l’Afrp, ne se déporte à la permanence du Pdci, toujours dans la commune du Plateau.

Entre-temps, au niveau de l’administration, quand bien même le service semblait se dérouler normalement, on pouvait s’apercevoir nettement que le personnel était encore sous le choc. Chacun semblait avoir des récriminations contre les reproches faits à leur ex-patron. « Nous sommes tous en colère, mais si nous ne réagissons pas comme ceux qui sont présentement dehors, ce n’est pas tant parce que nous ne voulons pas le faire. Mais, à bien réfléchir, on se dit que c’est peine perdue. Si les gens ont été capables de dire à la face de toute la nation, à la télévision nationale qui est suivie dans le monde entier, que le maire est un voleur, imaginez vous-mêmes ce qu’ils sont capables de nous faire », s’est exprimé un agent sous le couvert d’anonymat.

 

Craintes. Autant le dire, pratiquement tout le monde a peur. Personne n’ose parler &ag (...)

Lire la suite sur linfodrome.com



Educarriere sur Facebook