Plus de 20.000 familles jetées à la rue à Yopougon, des déguerpis confient leur sort au maire Gilbert Kafana

  • Source: linfodrome.com
  • Date: vend. 13 juil. 2018
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C'était chaud, le mercredi 11 juillet 2018, à Yopougon-Camp militaire. Un village de ce quartier de la plus grande commune d'Abidjan, à savoir B.A.T, en référence à l'entreprise Bois Afrique tropicale, où travaillaient dans les années 1960 plusieurs habitants, a été rasé.

Ce déguerpissement jette ainsi à la rue plus de 20.000 familles, dont plusieurs ont tenté de sauver quelques biens. En vain. Plus de 200 policiers, gendarmes et militaires déployés sur les lieux ont fait usage de gaz lacrymogène pour les en dissuader et les éloigner de leurs maisons. « On ne nous a même pas permis de sortir nos affaires. J’ai tout perdu. Argent, habits, ustensiles de cuisine, même mes diplômes, tout ! C’est méchant », a explosé Solange Gbamou, une des déguerpis, qui s’est confiée à nous peu après la fin de l’opération. Elle a avancé n’avoir reçu aucune mise en demeure pour se préparer à quitter le site où elle vit en location depuis plusieurs années. « Si on voulait nous jeter dehors, on pouvait au moins le faire avec un visage humain. Maintenant qu’on m’a tout pris, comment vais-je refaire ma vie ? », interrogeait-elle, avant de fondre en larmes. A quelques pas de chez elle, dame Cathérine Kouassi, une sexagénaire veuve, remuait les décombres de sa maison dans tous les sens, espérant ainsi y trouver quelques biens à sécuriser. Les yeux larmoyants, elle nous lançait : « Où vais-je dormir avec mes enfants ? ».

Chez sa voisine, Sali Ouattara, commerçante, l’émotion est de mise. Sur les ruines de sa maison réduite en amas de gravats, elle protestait contre la méthode employée pour le déguerpissement. « On ne nous a même pas prévenus. C’est depuis 11h que 4 bulldozers ont commencé à casser nos maisons. L’opération a été encadrée par des centaines de policiers, de gendarmes et de militaires venus ici à bord de 14 cargos. Notre quartier a été transformé en champ de bataille pour venir nous prendre le peu de biens que nous avions. Plus rien n’est récupérable. Ceux qui ont tenté de sauver des biens ont été bastonnés par les corps habillés », dénonçait-elle, la voix enrouée par l’émotion.

Les éclairages du chef du village rasé.Comment les déguerpis se sont-ils  retrouvés dans cette situation ? Sur la question, le chef de B.A.T, Konan Yao, fait des éclairages. « Nous sommes sur un site de 81 hectares dont le titre foncier 189 a &e (...)

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