Enquête express / Lutte contre la cherté de la vie : Ces mesures qui restent sans effet
• Ce que les Ivoiriens attendent du gouvernement

  • Source: linfodrome.com
  • Date: sam. 24 mars 2018
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La lutte contre la cherté de la vie préoccupe au plus haut niveau le gouvernement ivoirien, qui a arrêté une batterie de mesures pour y faire face. De 2012 à ce jour, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre.

Les plus récentes remontent à mai 2017. En effet, le gouvernement, en conseil des ministres du 31 mai 2017, dans le but de réduire les difficultés auxquelles sont confrontées les populations, a adopté plusieurs mesures qui, pour certaines, ont été appliquées dans l’immédiat, quand d’autres ont été étalées sur le court et le moyen termes. Spécifiquement, trois postes de dépenses, identifiés comme étant les plus importants, à savoir l’alimentation, le transport et le logement, ont été adressés prioritairement.

Mesures. Dans une communication présentée en conseil des ministres portant sur « l’état d’avancement des mesures de lutte contre la vie chère », il est ressorti qu’au niveau de l’alimentation, vingt-deux actions ont été adoptées. Elles concernent neuf actions immédiates, six actions à court terme et sept actions à moyen terme. Le conseil des ministres retient qu’à ce jour, cinq actions ont été effectivement mises en œuvre.

Il s’agit notamment de la restructuration du Conseil national de lutte contre la vie chère (Cnlvc), l’institution d’un cadre permanent de concertation avec les opérateurs économiques, le plafonnement des prix et des marges sur cinq produits de grande consommation (riz, huile de table, sucre, tomate concentrée et ciment) et la communication sur les prix pratiqués, la disponibilité des produits de grande consommation et sur les mécanismes de fixation des prix. Dix autres actions sont en cours concernant le secteur alimentation.

En ce qui concerne le secteur des transports, le gouvernement annonce que huit actions ont été adoptées, notamment deux actions immédiates, quatre actions à court terme et deux actions à moyen terme. Celles qui ont été entièrement réalisées portent sur le renforcement de la lutte contre les faux frais, à travers notamment la mise en place d'un cadre de concertation avec l’Office de la fluidité des transports (Oft), l’Unité de lutte contre le racket (Ulr), le Conseil national de lutte contre la vie chère (Cnlvc) et le Haut conseil du patronat des entreprises de transport routier de Côte d’Ivoire (Hcpetr-Ci).

Au titre du troisième poste de dépense, à savoir le logement, il est à noter, selon des sources gouvernementales, l’adoption de six actions qui se répartissent en mesure immédiate (1) mesures à court terme (4) et mesure à moyen terme (1). On note, entre autres, l’effectivité de la redynamisation du Compte de mobilisation pour l'habitat (Cdmh) et du Fonds de soutien de l'habitat (Fsh). Par ailleurs, la communication ministérielle fait mention d’activités menées en vue d’assainir les professions d’agent immobilier, d’aménageur et de promoteur immobilier.

Toutes ces initiatives, soutient le ministre en charge du Commerce, Souleymane Diarrassouba, visaient à réduire le coût de la vie, devenu trop élevé. « Au deuxième trimestre 2017, face à l’expression récurrente du ressenti des populations devant la cherté du coût de la vie, le gouvernement s’est résolument engagé à adresser toutes les questions essentielles qui impactent les conditions de vie des populations vivant en Côte d’Ivoire. Il s’agissait pour le gouvernement d’engager des mesures immédiates pour impacter rapidement et sensiblement la baisse du coût de la vie », appréciait-il.

D'ailleurs, un point a été fait par le ministre en charge du Commerce sur la mesure de plafonnement des prix et marges de certains produits. Il ressort de l'enquête-terrain menée que 92 % des commerçants ont respecté la mesure. De quoi réjouir le gouvernement qui se rassure ainsi des retours positifs des actions entreprises pour limiter la flambée des prix de certains produits sur les marchés. Cela, au bénéfice de la population.

Impact. Vendredi 16 mars 2018, notre équipe de reportage a baladé son microphone dans la ville d’Abidjan afin de recueillir l’avis des populations sur la situation de la cherté de la vie en Côte d’Ivoire au vu de ce qui a été fait par l'entité publique. Un constat quasi unanime : « la vie est toujours chère en Côte d’Ivoire », estiment les personnes interrogées. Pour l’opinion publique, le peuple a besoin de ‘’pragmatisme’’ dans la prise en compte des préoccupations qu’il soulève. A savoir qu’il s’agit, dans le cadre de la lutte contre la vie chère, de mettre en place des mécanismes qui impactent véritablement le quotidien des Ivoiriens.

« Quand nous disons que la vie est chère, nous ne sommes pas en train de dire qu’il n’y a plus de riz sur le marché ou que le gombo ou le piment est en rupture. Tous ces produits sont bel et bien disponibles. Mais leurs prix ont doublé, pour certains, voire triplé, pour d’autres », souligne Mme Kié Raïssa épouse Koffi, styliste. Elle laisse entendre, en d’autres termes, que si une action est menée, elle doit avoir pour conséquence de rétablir les prix auxquels les populations avaient l’habitude d’acheter les produits en question. Et que tant que « nous les consommateurs, ne verrons pas ce changement, nous ne pouvons pas dire que le gouvernement entreprend des actions de lutte contre la vie chère ».

Koné Moustapha, entrepreneur en bâtiment, est également de cet avis. Pour lui, les mesures prises par le gouvernement pour réduire le coût de la vie ne produisent pas, pour l’instant leurs effets. « Les prix de tous les produits ont fortement grimpé depuis ces cinq dernières années. Sans doute qu’ils sont stationnaires maintenant. Mais ils n’ont pas chuté. Et pour beaucoup d’Ivoiriens, les salaires n’ont pas augmenté. (...)

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