Arrêt de la Cour africaine des droits de l'Homme / Le gouvernement ivoirien répond à l'opposition : « La réforme de la composition actuelle de la CEI ne se justifie guère »


Sansan KAMBILE, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
  • Source: linfodrome.com
  • Date: mar. 13 mars 2018
  • Visites: 1276
  • Commentaires: 0
Face au débat ayant cours sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) réclamée par l'opposition ivoirienne, le gouvernement a tenu à réagir. Dans une déclaration dont Linfodrome a réçu copie, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme estime que la reforme de la CEI ''ne se justifie guère''.

A la suite d’une requête de l’ONG Action pour la Protection des Droits de l’Homme, en abrégé APDH, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a, par arrêt en date du 18 novembre 2016, ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire, Etat défendeur, de :

- modifier la loi n°2014-335 du 18 juin 2014 relative à la Commission Électorale Indépendante pour la rendre conforme aux instruments juridiques régionaux auxquels l’Etat de Côte d’Ivoire est partie ;

- lui soumettre un rapport sur l’exécution dudit arrêt dans un délai raisonnable, qui dans tous les cas, ne doit pas excéder une année à partir de la date de son prononcé.

En réponse à cette décision de justice, l’Etat de Côte d’Ivoire a sollicité une interprétation de la Cour, à l’effet de :

- lui fournir, aux fins d’exécution de l’arrêt, des indications plus précises sur la nomenclature de la nouvelle Commission Électorale Indépendante (CEI), notamment en ce qui concerne son organisation, la provenance et Ie mode de désignation de ses membres, ainsi que la répartition des sièges ;

- lui préciser si le contrôle préalable de la loi électorale par le juge constitutionnel peut contribuer à garantir l’indépendance et l’impartialité de ses membres ;

- l’éclairer dans l’affirmative sur la notion de « lois relatives à des libertés publiques».

La Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a jugé que la requête de la Côte d’Ivoire visait moins des clarifications sur la décision à exécuter qu’à obtenir son avis sur la manière de la mettre en œuvre ; ce qui relève selon elle de la responsabilité de l’Etat ivoirien. 

Le Gouvernement tient à préciser que conscient de ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme, il a toujours collaboré avec les mécanismes de protection, tant internationaux que régionaux. 
Il rappelle que la Côte d’Ivoire est l’un des quinze (15) premiers pays à avoir ratifié le Protocole de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples portant création de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, et qu’elle figure sur la liste très restreinte des États ayant fait la déclaration acceptant la compétence de ladite Cour pour recevoir les requêtes des individus ainsi que des organisations non gouvernementales dotées d’un statut d’observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ce conformément aux articles 5.3 et 34.6 du Protocole susvisé. 
Aussi le Gouvernement a-t-il saisi, dans le délai indiqué, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pour obtenir des précisions sur le contenu et la portée de la réforme attendue. 
Le Gouvernement relève que l’analyse des instruments juridiques régionaux dont la violation des dispositions est alléguée, ne fait cependant ressortir aucune atteinte aux droits des citoyens à une égale protection et à une participation égalitaire à la direction des affaires publiques du pays.
Mieux, il voudrait souligner que la composition de la présente Commission Électorale Indépendante obéit aux articles 3 et 13 (1) et (2) de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, aux articles 10 (3) et 17(1) de la Charte Africaine sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, à l’article 3 du Protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, à l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et à l’article 26 du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques.
Le Gouvernement tient à faire observer que la composition de la CEI a connu une progression qualitative grâce au dialogue politique, avec l’appui et l’arbitrage de partenaires techniques internationaux, notamment le National Democratic Institute (NDI), ainsi que le démontre le processus participatif, impliquant les acteurs de la vie politique ivoirienne, qui a conduit à sa mise en place, dont les principales étapes sont:

• Samedi 8 mars 2014 

Présentation à tous les acteurs politiques ivoiriens (opposition et partis au pouvoir), des résultats de l’évaluation du cadre juridique et politique des élections en Côte d’Ivoire, réalisée par le National Democratic Institute (NDI) à la demande du Gouvernement, ainsi que des propositions de cette institution pour une CEI équilibrée et une gestion transparente des élections.

• Mercredi 09 avril 2014

Adoption en Conseil des Ministres de la première monture du projet de loi portant recomposition de la Commission Electorale Indépendante (CEI).

• Vendredi 09 mai 2014

Rencontre du Ministre d’Etat avec les partis politiques de l’opposition, membres de l’Alliance des Forces Démocratiques (AFD) et du Cadre Permanent de Dialogue (CDP), en vue de recueillir leur avis pour un texte consensuel avant son examen par le Parlement. 

Proposition des partis politiques de l’opposition pour quinze (15) membres au sein de la CEI, au li (...)

Lire la suite sur linfodrome.com



Offres d'emploi du jour

Educarriere sur Facebook