A propos de l'Houphouëtisme : Anaky Kobena donne un cour magistral sur le ''Père'' de la Nation ivoirienne

  • Source: linfodrome.com
  • Date: mer. 14 fév. 2018
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Réagssant à un éditorial du Directeur général de Fraternité Matin, Venance Konan, c'est un cour magistral que le président-fondateur du Mouvement des Forces d'Avenir (Mfa), Anaky Kobena, fait sur l'houphouêtisme et la pérénisation de la mémoire du ''père'' de la nation ivoirienne. Ci-dessous, la quasi-intégralité de sa réaction.

En 2018, près de soixante ans après l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, et presque un siècle et demi après que les puissances européennes aient procédé au tracé des différents territoires de l’Afrique à Berlin, on nous fait la révélation que l’histoire de notre pays n’arrive pas encore à s’écrire dans le marbre de sa conscience collective !

Oui, c’est bien ce qu’induit le fait que la figure la plus emblématique, et qui, à l’évidence, a le plus porté l’histoire de notre pays, Houphouet, ne soit pas encore dignement célébrée !

Et, cela, bien que tous ceux qui ont accédé au pouvoir d’état après Houphouet-Boigny aient proclamé procéder de son œuvre et de sa vision !

Nous sommes donc en 2018, 25 ans après son rappel à Dieu, et en dépit de toutes les déclarations d’intention et des appels répétés de tous et à tous, la Côte d’Ivoire ne peut encore, à ce jour, présenter à ses populations et aux visiteurs des monuments, ouvrages ou musées consacrés à la personne de Félix Houphouet-Boigny, son Premier Président, auquel tout le monde accorde la paternité de la Côte d’Ivoire moderne !

Nous sommes en droit de craindre, avec Venance Konan, qu’au 31 décembre 2018, rien de vraiment significatif ne soit encore engagé dans le sens de son souhait, qui est d’ailleurs celui de tout le monde sur la terre ivoirienne.

Mais, n’est il pas temps, pour nous tous, de retirer nos pieds de la pédale de l’émotion, proche de la culpabilisation facile, sinon de l’auto-flagellation, pour nous poser quelques petites questions relevant du bon sens commun ?

D’abord, dans tous les pays, les monuments, statues ou mausolées célébrant soit de grands épisodes de l’histoire, soit des personnages ou leaders exceptionnels, font toujours l’objet d’une appropriation collective installée dans l’inconscient des populations.

L’événement ou le héros qu’on célèbre font corps avec la vie sociale.

Le message est inlassablement servi et repassé le long des années de l’éducation des enfants, d’abord en famille, à la maison, et dans la cité, puis à l’école ;

L’une des grandes missions du système éducatif est d’entretenir ce flambeau, et même de l’aviver lorsque des crises exigent qu’on s’y réfère.

L’école enseigne d’abord la nation !

Est-ce le cas chez nous de nos jours ? Quels ancêtres demandons-nous à nos enfants d’adopter pour succéder aux Gaulois ? Astérix et Obélix ne demeurent ils pas en embuscade sur toutes les tablettes et autres gadgets des NTIC ?

Le second degré de complexité est installé dans le fait que, dans l’histoire, la plupart des grandes figures se sont fait, de leur vivant, une idée erronée, idyllique même, de la perception et de l’appréciation que leurs contemporains avaient d’eux.

Et, sur ce chapitre, la Côte d’Ivoire et Houphouët pourraient constituer un exemple d’anthologie.

Après plus de 40 années à la tête de la Côte d’Ivoire, Houphouët s’estimait aimé, adulé et adoré de tous. Il était convaincu qu’après son rappel à Dieu, la préoccupation première de tous les Ivoiriens serait de le célébrer pour l’éternité.

Son égo narcissique devait lui projeter sa statue, dressée au sommet d’une pyramide, dont la base devrait couvrir toute la Côte d’Ivoire!

Mais il s’est hélas trompé, lui qui était pourtant un grand connaisseur des hommes devant l’Eternel ! Les humains et leur nature constituent des entités très complexes, et la destruction complète de son dernier palais, qui pourrait être vue comme la dernière étape de ses obsèques, est sans appel sur le sujet.

Dans pratiquement tous les pays du monde, les grands monuments et les statues ont été conçus, financés, exécutés et contrôlés par les hommes d’état qui étaient toujours eux même les premiers concernés ; et cela se passait au firmament de leur pouvoir !

Confier sa place ou sa présence pour la postérité à autrui est imprudent, sinon même suicidaire !

Les Pharaons de l’Ancienne Egypte, qui le savaient, en faisaient l’élément premier de leur gouvernance la première feuille de route de leur règne !

Mais, poursuivant, ne soyons donc pas trop timorés et osons nous demander, ce que Félix Houphouët-Boigny lui-même, après quarante années de pouvoir, a engagé pour tracer la voie à ses successeurs dans les sens de la célébration des événements et héros de la Côte d’Ivoire ?

Car, l’histoire et la vie de la Côte d’Ivoire et de ses peuples n’a commencé ni en 1885, encore moins en 1960 !

Houphouët avait une parfaite maîtrise de l’histoire et de la culture des différentes composantes de la nation ivoirienne.

Mais, sous lui, l’on n’a pas vu, par exemple, prospérer l’idée de concevoir et édifier un monument à Ablah Pokou et à son exode, ce qui constitue pourtant l’ancrage historique du grand groupe Baoulé auquel il appartenait lui-même.

D’autre part, aucun des rares faits avérés de résistance, armée ou à mains et poitrine nues, à la pénétration coloniale, n’a retenu l’attention de ce grand bâtisseur devant l’histoire. C’est comme si les Ivoiriens étaient gênés de rappeler qu’ils ont pu refuser et combattre la domination du colonisateur français !
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