Boubacar Koné (SG par intérim Camp Sangaré) : « Nous réclamons un dialogue politique... »


« Aujourd’hui, des responsables du Rhdp, militants du Pdci ou de l’Udpci, réclament comme nous, une vraie commission électorale », avance Boubacar Koné.
  • Source: linfodrome.com
  • Date: vend. 09 fév. 2018
  • Visites: 512
  • Commentaires: 0
L'ex-directeur du protocole de Laurent Gbagbo, secrétaire général par intérim du camp Sangaré, Boubacar Koné, répond, sans faux-fuyant, à nos questions sur l'actualité socio-politique. M. Koné explique la position de sa famille politique sur les élections, et réaffirme que l'ex-président, détenu par la Cour pénale internationale, est « en route » pour son pays.

Comment se porte la tendance Abou Drahamane Sangaré ?

Permettez-moi de rectifier pour dire qu’il n’y a pas de tendances au Front populaire ivoirien (Fpi). Cela dit, le Fpi resté fidèle à son fondateur, le président Laurent Gbagbo, est bien présent sur l’échiquier politique en Côte d’Ivoire. C’est l’organisation politique qui se porte le mieux, en ce sens que contrairement à toutes les formations politiques de la coalition au pouvoir, notre parti a retrouvé sa cohésion interne et sa vitalité d’antan. Il faut pour cela, féliciter les militants pour leur constance, leur discipline et leur foi inébranlable dans les valeurs cardinales qui constituent le socle de notre mouvement, à savoir : la démocratie, le socialisme, la souveraineté et la conquête du pouvoir d’État par la seule voie des urnes.

Le mercredi 24 janvier 2018, le président Affi N’guessan a rencontré le président Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d'Ivoire. Que pensez-vous de cette rencontre, de ce rapprochement ?

Oh ! J’aurais bien pu dire que nous n’en pensons rien, étant donné que les faits et gestes de cette nature ne peuvent constituer pour nous que des faits divers, sauf à noter qu’à la surface des eaux, il est aisé de voir la rencontre de deux personnalités qui ont toujours été proches… Au-delà, il n’est pas impossible que l’une soit l’émissaire de M. Ouattara auprès de l’autre pour une mission qui n’est pas très difficile à deviner dans la perspective de 2020, et surtout à l’approche des élections locales.

Vous n’arrêtez pas de dire que la situation socio-politique s’est détériorée et qu’elle a empiré. Que faites-vous pour que les choses changent ?

Sur le processus de destruction des acquis sociaux et des graves reculs des conquêtes démocratiques, nous n’avons malheureusement pas le monopole de cette lecture des événements. Il n’y a qu’à regarder le sort qui est fait aux journalistes, aux fonctionnaires, aux enseignants, aux étudiants, aux policiers, aux paysans, aux hommes d’affaires, aux entrepreneurs. Regardez vous-même le nouveau refrain de notre justice ! Dès qu’un opposant passe en jugement pour des faits imaginaires, il est aisé de prédire la peine de 20 ans d’emprisonnement… C’est pitoyable de voir nos valeureux magistrats ainsi pris en otage et malmenés sans qu’ils ne montrent une réelle volonté de se libérer afin de sauver ce qui reste de l’honneur et de la grandeur de leur noble métier. Il leur est ainsi constamment fait injonction de condamner à des peines aussi fantaisistes que ridicules, des autorités qui ont permis par leur savoir faire et leur courage, que le pays survive économiquement. Nos camarades sont condamnés pour avoir assuré le salaire régulier des magistrats et leurs auxiliaires, mais aussi, sans doute les rentes et indemnités de MM. Ouattara, Bédié et leurs proches. Cependant, ici on ne poursuit aucun bénéficiaire des sommes incriminées pour recel dans une affaire où il n’y a d’ailleurs pas de plaignant. Mieux, la Bceao affirme n’avoir subi aucun préjudice. Un procès en sorcellerie en somme ! Ce que nous faisons pour que les choses changent, c’est de sensibiliser les Ivoiriens sur le bilan de cette gouvernance chaotique et suicidaire, les mobiliser et les appeler à hâter l’alternance démocratique pour le salut de la nation.

Pendant encore combien de temps comptez-vous faire la politique de la chaise vide alors que nombreux sont vos militants qui souhaiteraient vous voir prendre part aux différentes joutes électorales ?

Mais, ils sont combien encore les Ivoiriens qui ne voient pas que les chaises dont vous parlez ne sont pas vides ? C’est parce que ce pouvoir de l’inculture démocratique occupe d’avance les chaises, que nous sommes réticents à occuper les rares chaises bancales et piégées qu’il nous indique cyniquement. Demandez à certains de nos anciens camarades qui ont mordu à l’appât… Non, nos militants qui sont vigilants attirent justement et constamment notre attention sur les traquenards qui nous sont régulièrement tendus, et nous mettent en garde ! Enfin, les Ivoiriens qui demeurent vigilants, dans leur immense majorité, savent très bien qu’on peut donner tous les noms qu’on souhaite à ces mascarades, sauf à les qualifier d’élections démocratiques.

Comment comptez-vous être un véritable contre-pouvoir si vous êtes toujours absents des instances de décisions telle que l’Assemblée nationale ?

Ah ! Mais nous comprenons votre problème ! Vous vous méprenez sur notre compte. Nous n’avons pas vocation à être un contre-pouvoir ! Nous avons l’obligation historique de mettre fin à la souffrance des Ivoiriens en gagnant les vraies élections afin d’exercer nous-mêmes le pouvoir au nom du peuple pour mieux défendre ses intérêts. Vous constaterez avec nous que ceux qui ont commis l’erreur d’accompagner ce régime le regrettent amèrement.

N'est-ce pas une fuite en avant que de toujours vous plaindre de la Commission électorale indépendante (Cei) ?

Mais, quelle fuite en avant ? Il ne faut pas abuser de certaines formules. Voyons, à notre suite, l’Onu, par sa résolution n° 2062 du 26 juillet 2012, puis récemment l’Ua, par l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, rendu le 18 novembre 2016, ont déclaré cette Commission électorale déséquilibrée, injuste, illégale et illégitime, sur saisine d’une Ong ivoirienne, l’Apdh. Cette Cour africaine, basée à Arusha en Tanzanie, a sommé la Côte d’Ivoire de dissoudre la Cei et de mettre en place une commission équilibrée et consensuelle dans un délai d’un an ; délai échu depuis le 17 novembre 2017 dernier, et le gouvernement maintient à ce jour cette commission condamnée par ceux-mêmes qui ont installé ce pouvoir…Aujourd’hui, des responsables du Rhdp, militants du Pdci ou de l’Udpci, par exemple, réclament comme nous, une vraie commission électorale, un découpage électoral plus honnête, une liste électorale consensuelle.

Faites-vous toujours de la libération de l'ex-président Laurent Gbagbo un préalable à toute discussion avec le gouvernement  (...)

Lire la suite sur linfodrome.com



Offres d'emploi du jour

Appels d'offres

    Aucun document en téléchargement.

Voir tous les documents

Educarriere sur Facebook