Guillaume Kigbafori Soro : l'intégrale de ''Trop est toujours Trop''

  • Source: fratmat.info
  • Date: mer. 12 juil. 2017
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Il est tard dans la nuit et cependant je ne dors pas. Je médite. Je réfléchis. Je me remémore. Les souvenirs de mon enfance s'imposent à moi cette nuit. Comme dans un rêve kaléidoscopique, ma vie défile sous mes yeux...

Je me revois enfant dans ce village lointain au nord de la Côte d'Ivoire ?? à Niellé, à quelques encablures de la frontière du Mali. Aussi loin que puissent remonter mes souvenirs d'enfance, je me revois gambadant joyeusement dans les ruelles de ce village sénoufo où feu mon père exerçait dans la compagnie du textile la CIDT (La Compagnie Ivoirienne De Développement du Textile ). Les populations de Niellé, de ma génération et plus, se souviennent sûrement de M. Clément Soro Sanga, mon père.

Qu'elle est douce, l'innocence de l'enfance!

L'insouciance est le lot du quotidien de cette enfance, de mon enfance...Jacques Brel, le Grand Chanteur belge, a bien eu raison d'y voir le temps de vivre! L'enfance...

Ma mère, ménagère de son état, était d'un naturel doux et effacé. Ma mère était l'incarnation même de l'amour. À cette époque là, j'étais le fils unique à mon père et à ma mère. Disons que j'étais un petit prince dans cette maisonnée si modeste. Nous n'avions ni électricité, ni télé. Mais nous étions heureux. Ma mère et moi étions si proches. J'aimais ma mère et ma mère m'aimait.

Autant que je m'en souvienne, ma mère ne m'a donné la fessée qu'une seule fois. Il me faut vous avouer tout de suite que j'étais un garnement bien turbulent! J'adorais apprendre en prenant des risques. Et ma mère avait bien des difficultés à me tenir tranquille. À mes premiers cris et pleurs le jour de cette unique fessée, les larmes de ma mère jaillirent. Elle pleura autant que moi. Surpris, il m'a fallu moi-même la consoler. Et nous nous promîmes de ne plus nous fâcher...

Mon père lui était plus sévère. Il incarnait vraiment le visage paternel et viril de nos Tropiques. Quand il lui arrivait de vouloir me corriger de mes incartades, c'est dans les bras de ma mère que je me réfugiais. Alors ces bras constituaient un bien maigre rampart (mais un rampart tout de même) pour me protéger de la colère justifiée ( je l'avoue) de mon père qui voulait que j'apprenne les choses de la vie en homme.

Souvent ma mère pleurait avec moi. Et je trouvais injuste que par ma faute, elle encaisse parfois au passage, quelques taloches qui m'étaient destinées. Est ce de là que naquit ma haine de l'injustice ? …

J'ai à présent sommeil...

Demain La suite de "Trop est Trop " vous sera servie si je suis toujours inspiré, Chers lectrices et lecteurs.

 

 «  Devant les nombreux obstacles de la vie, il faut savoir se choisir un cap et chercher de toutes les façons possibles, des solutions pour le réaliser de la meilleure manière dont nous puissions être capables. »

 

Aujourd’hui, chers amis, je ne donnerai pas plus de détails, parce que mon biographe dont je tais le nom, à la lecture du premier billet de « Trop est Toujours Trop » hier, s’est plaint en m’accusant de vouloir lui piquer son boulot.

 

Je vous raconterai seulement deux petits faits assez intéressants pour ne pas être anecdotiques, qui ont dû marquer mon enfance et sans doute forgé aussi mon caractère. Le célèbre psychanalyste autrichien Sigmund Freud ne disait-il pas à juste titre que « L’enfant est le père de l’homme » ?

Je ne me souviens plus très exactement de l’année, mais je crois que nous devions être autour de 1976, toujours dans notre petite bourgade de Niéllé, dans l’extrême-nord de la Côte d’Ivoire, avec mon père, ma mère et un de mes cousins, Soro Nonhonton Yacouba. Mon cousin Yacouba et moi dormions sur une natte, dans cette petite maison de deux chambres-salon. Mon père ne nous avait pas encore acheté de lit. Mon cousin, plus âgé que moi, allait déjà à l’école primaire publique. Une nuit, très tard, nous étions endormis. Soudain, je ressentis à mon mollet gauche une douleur brûlante. Brusquement réveillé, je me mis à pleurer à chaudes et bruyantes larmes. Et plus je grattais le lieu de la brûlure, plus augmentait la douleur !

Mon père et ma mère, alertés par mes cris stridents, accoururent aussitôt dans notre chambre. Mon père me prit dans ses bras, me demandant ce qui n’allait pas et cherchant dans cette nuit, à comprendre ce qui m’arrivait. Je tentai, en plein sanglots une piteuse explication, qui ne le convainquit point. Mon père crut d’abord que c’était une fourmi qui m’avait piqué. S’emparant de notre lampe-tempête à pétrole, il se mit à inspecter les recoins sombres de la pièce et découvrit aussitôt un scorpion. C’est ce terrible insecte qui venait de m’injecter son dard. J’avais terriblement mal et je pleurai de plus belle.

Les voisins alertés par mon émoi bruyant, vinrent aussitôt à notre rescousse. Autant vous dire que Niellé (ce village éloigné), était à mille lieux du premier médecin! Comment allait-on apaiser ma douleur qui empirait? Les adultes étaient dépassés par la situation. C’est alors qu’un voisin, dont j’ignore le nom, proposa une idée originale.

Il convainquit mon père d’utiliser le câble de transmission du courant électrique d’une mobylette mise au démarrage. Il suggéra de poser ce câble de courant actif sur ma plaie. Mon père accepta la terrible solution, tellement il avait hâte de voir ma douleur cesser. Enfant, j’ignorais bien sûr tout des risques pris par ces adultes pour apaiser ma douleur.

 

« Quand la douleur est de trop, il arrive que trop de douleur neutralise la douleur ! »

 

Je reçus une forte décharge électrique qui fit tressaillir tout mon corps.

Je poussai un grand cri d’effroi et de douleur. Mon père ne recommença pas la manœuvre. Mais curieusement, la douleur s'apaisa.

Cet épisode m’a beaucoup marqué, car j’ai appris depuis lors à affronter courageusement la douleur. Mieux, on m’a appris ainsi que dans certaines situations, c’est l’acceptation de la douleur qui permet de dépasser la douleur. On m’a appris que parfois, c’est la douleur qui tue la douleur. Quand la douleur est de trop, il arrive que trop de douleur neutralise la douleur !

Le deuxième fait que je voudrais vous raconter date aussi de cette époque de mon enfance à Niellé. Vivant dans cette petite maison d’enfance, je dus affronter de longs moments de solitude quand mon papa partait au travail, et mon cousin, à l’école. Moi, un garçon si intrépide et dégourdi, je devais rester à la maison avec ma seule maman. Et c’est avec elle seule que je pouvais jouer. Vous pouvez deviner à quel point c’était frustrant, d’autant plus que tous les autres enfants du patelin allaient soient à l’école, soit avec leurs parents aux champs. Nous venions à peine de nous installer à Niellé et mon père n'avait pas encore fait de champs.

Je sentais peser sur mes épaules la monotonie des jours. Et voici qu’un jour, ma mère s’en alla en voyage au village, je ne savais trop pourquoi. En fait, je devais apprendre plus tard que c’était pour accoucher d’un enfant. Sur le moment, je n’en savais rien, d’autant plus que je ne savais même pas que ma maman était enceinte. Je restai donc à Niéllé avec mon père et mon cousin Yacouba. Et chaque fois, il fallait désormais que je reste seul à la maison, quand l’un était au travail, l’autre à l’école. Pendant cette période de solitude, je maugréais. Mon père essayait tous les matins de me distraire et me flatter avec des bonbons que j’aimais bien. Mais cela n’y faisait rien. Même bonbon en bouche, je pleurai sur mon sort. Je me sentais abandonné. Et surtout, je m’étais passionné pour l’idée d’aller à l’école ! Quand ma mère revint quelques mois plus tard, je la vis affublée d’un petit bébé dans les bras. Je me demandai d’où sortait celui-là, quand on m’apprit que c’était mon petit frère Soro Simon, que ma mère était allée accoucher au village.

Je ne l’avais pas vu venir ! Et voilà que, quand mon père et mon cousin Yacouba étaient au travail et à l’école, moi je devais rester avec ma mère qui me confia le rôle ingrat de baby-sitter de mon cadet Simon. Un garçon agile comme moi n’aimait pas ce genre de tâches statiques et monotones. Je n’aimais pas ça du tout ! Rester assis pendant de longues heures derrière le bébé, les jambes écartées et l’œil attentif, pour veiller qu’il ne se casse pas la figure… Je n’en pouvais franchement plus ! (Je lui faisais de petites méchancetés que je n'ose avouer ici. Ceux qui connaissent Simon, posez lui la question, Il vous racontera car ma Mère lui rapportera longtemps après ce que je lui fis subir, et ce à ma plus grande honte). Je désirai ardemment aller à l’école plutôt que de veiller Simon et je le fis savoir de toutes les façons possibles !

Dans ces villages des tréfonds perdus de la savane ivoirienne, autant vous signaler qu’on n’allait à l’école primaire publique qu’à partir de l’âge de huit ans. J’avais six ans, et le joli kaki, tout comme les chaussures Bata des écoliers de Niéllé me fascinaient à mourir. Je pleurais tant et si fort tous les matins de cette année-là que mon père finit par se résoudre d’aller négocier une place anticipée pour moi à l’Ecole Primaire Publique, pour la rentrée de septembre 1978. Mais la direction de l’EPP n’accepta pas de me prendre comme un élève-plein. Je fus admis à l’école au départ comme élève-bénévole.

Pour moi, l’essentiel était obtenu.

J’eus enfin droit au kaki et aux chaussures Bata comme mes camarades ! J’étais ravi et soulagé de mes tâches de baby-sitter ! Mais mieux encore, tout dégourdi que j’étais, je surpris agréablement le maître par ma volonté d’apprendre. Il finit par me remarquer. Mon premier instituteur me donna alors ma chance en m’admettant d’office comme élève-plein au Cours Préparatoire, à six ans et demi. Je terminai l’année scolaire au rang de 7ème de la classe ! A une époque où beaucoup d’enfants fuyaient l’école à cause de la chicotte qui y faisait des ravages, moi je conçus l’école comme la promesse et la garantie de ma liberté. Je n’ai d’ailleurs jamais oublié la scène terrible d’un de mes camarades de classe, traumatisé par la vue du fouet du maître qui allait claquer sur sa chair. IL avait bondi comme un fauve effrayé hors de la classe, par la fenêtre, et s’était enfui à tout jamais de l’école ! Je le revis au quartier quelque fois en train de faire paître les bœufs pour la culture attelée.

Cet épisode m’a en tout cas appris que la détermination et la persévérance sont essentielles pour accomplir nos rêves. Devant les nombreux obstacles de la vie, il faut savoir se choisir un cap et chercher de toutes les façons possibles, des solutions pour le réaliser de la meilleure manière dont nous puissions être capables. Le trop plein d’obstacles et d’embûches requiert toujours trop de volonté, pour que le destin de chacun d’entre nous s’accomplisse.

Zut la sonnerie vient de retentir dans ma chambre…

Ah c'est mon protocole Adon Honorat!

Je dois interrompre mon inspiration, qui commençait pourtant à prendre son envol !

Voilà c'est l'heure de se rendre au cocktail dînatoire de nos hôtes Luxembourgeois!

Ah, ces agents du protocole ! De vrais dictateurs.

J’espère vous revenir bientôt, si les charges républicaines m’en laissent le loisir, pour un troisième épisode de « Trop est toujours Trop », chères lectrices et lecteurs .

 

« La jalousie rend intellectuellement et spirituellement stérile ! »

 

Chers Amis,

Nous voici parvenus au dernier épisode de « Trop est toujours trop ». J’apprends que les deux précédents vous ont plu! Tant mieux. Mais comme je vous le disais tantôt dans le second épisode, je ne veux pas concurrencer mon biographe. Nous sommes déjà assez fâchés.

Mais bon trichons un peu! Encore trois petites anecdotes. Elles trottinent si bien dans ma tête depuis ma tendre enfance que je m’en voudrais à présent de vous en priver.

En effet, il y a un temps pour parler. Surtout quand les circonstances s’y prêtent. J’ai le vif sentiment de mieux me comprendre moi-même avec le temps et aussi de mieux pouvoir me faire comprendre par mes contemporains.

Voici la première anecdote.

Notre famille, vous le savez déjà, s’était agrandie à Niéllé avec l’arrivée de mon cadet Simon Soro. Les jours, mois et semaines s’étalaient et se succédaient sans heurts. Nous étions installés au bord du long fleuve tranquille de notre enfance rurale. À cette époque voir une voiture à Niéllé relevait de l’exploit ! Nous étions à l’écart de tout. Ni électricité, ni eau courante, ni télévision. Comme au bout d’un monde que nous ignorions et qui nous ignorait. C’est pourtant en cette année 1978 que j’entendis pour la première fois le mot « GUERRE » en senoufo.

Je m'en vais vous conter!

Un de ces jours pourtant routiniers de Niéllé, on entendit un bruit étrange dans le ciel. Un immense engin traversait l'espace en laissant derrière lui comme une traînée de fumée blanche comparable à celle des fusées. Le passage de cet engin était accompagné de sortes d’explosions ou de déflagrations, comme des échos de tirs de canons. Je n'eus pas le temps de réaliser vraiment, ni de comprendre ce qui se passait quand j'entendis des hurlements affolés de gens et je vis les adultes apeurés courir pêle-mêle, cherchant à s'abriter.

Je fis prestement de même sans poser de question. Les plus affolés criaient en djembara, dialecte senoufo : " KAPINNE YA NI MAN" qu'on pourrait traduire par

« C’est peut-être la guerre qui a commencé ».

Je ne savais pas ce que cela pouvait bien être, « la guerre » bien trop jeune pour comprendre.

Ce n’est que plus tard, lorsque mon père revint du travail qu’il nous délivra de l’angoisse qui nous nouait l’estomac. En se moquant allègrement de la maisonnée, il nous raconta que c’était le Président français d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, qui venait en visite officielle en Côte d’Ivoire, sans doute à bord du célèbre avion Concorde.

 

« Il faut considérer toute existence humaine, même la plus banale qui soit, comme une source potentielle de surprises. »

 

Mais pourquoi ces terribles explosions ou coups de canon? Je ne me souviens pas d'avoir entendu une explication de mon père, peut-être ne la savait-il pas?

Il y a bien longtemps que je ne me posais plus la question du pourquoi de ces effrayantes explosions à la suite de l'avion du Président Français? Cette question serait restée un mystère si je n'avais décidé d'écrire ces billets.

Tenez-vous bien! Je me posais encore la question sur ces terribles explosions en écrivant ce dernier épisode quand j'eus l'opportune idée de demander à Touré Moussa qui est de ma génération s'il en savait quelque chose. Je ne voulais pas paraître ridicule en racontant un fait non avéré. C'est ainsi que Moussa a émis l'hypothèse de l'impact aérodynamique de l'avion. Le Concorde va tellement vite qu'il écrase littéralement les masses d'air qui explosent à son contact.

Mais, mieux encore, avec le recul de mon âge adulte, je viens de me rendre compte qu’à six ans à Niéllé, j’étais loin d’imaginer qu’un jour la guerre, la vraie, allait s’imposer à moi dans des conditions réellement dramatiques.

J’en tire comme conséquence qu’il faut considérer toute existence humaine, même la plus banale qui soit, comme une source potentielle de surprises. L’extraordinaire peut à tout moment, s’emparer de n’importe laquelle de nos vies, en bien comme en mal. Il ne faut donc pas négliger ce que nous vivons, quelle que soit notre condition sociale, économique ou culturelle. La vie nous montre parfois, par de petites expériences, des choses que nous vivrons plus tard…

Seconde anecdote.

A la même époque, mon père vint un soir à la maison et nous annonça que nous partirions bientôt nous installer à Katiola. J’étais partagé par des sentiments contraires, face à cette nouvelle. D’une part, la joie de sortir enfin de cet enclos villageois de Niéllé, pour aller vers Katiola, une ville où l’électricité et la télévision étaient installées. Exit la lampe-tempête à pétrole !

Mais de l’autre côté, j’étais triste. A Niéllé, j’avais tissé des liens d’amitié. Les gens et les choses m’étaient devenus si coutumiers que j’avais le sentiment d’une déchirure intérieure. Comme si j’abandonnais en quittant Niéllé l’innocence de mon enfance.

C’est sur ces entrefaites, pendant que me rongeaient encore nostalgie et joie mêlées, que mon père fit venir quelque temps plus tard un camion affrété par la CIDT, qui embarqua toutes nos affaires. Et nous avec. Nous allâmes à Katiola dans le quartier de Nangniankaha. Mon cousin SORO Yacou et moi fréquentions dans l'école du quartier.

Quelques mois plus tard, nous déménageâmes de Nangniankaha au quartier Dioulabougou, non loin de la zone dite EECI. On m’a laissé penser que certaines histoires étranges et récurrentes dans le quartier avaient découragé mes parents, qui avaient choisi d’habiter en des lieux plus apaisants pour leur progéniture.

Et alors, en contrepartie, nous eûmes à affronter de longues distances pour aller à l’école. Tous les matins, avec mon cousin Yacou, nous en avions pour environ quatre kilomètres à pied. Nous revenions manger à la maison à la pause de midi. Et à quatorze heures, il fallait être à l’heure à l’école, si l’on ne voulait pas récolter les coups de fouet rageurs de nos maîtres. Ainsi, tous les jours d’école, nous en avions pour seize kilomètres de marche. Nous avions ainsi tout le temps de réviser disait mon père.

Nous étions devenus des habitués des chemins principaux et notamment des raccourcis de Katiola. Ah Katiola! Cette ville du nord était rutilante de propreté. Mise à l'équerre par la rigueur et le patriotisme républicain du Général Ouattara Thomas d'Aquin. Je devais apprendre qu'il avait mis un point d'honneur à ce que Katiola soit un miroir d'excellence en Côte d'Ivoire.

Nous arpentions donc régulièrement cette perle de la savane. On devinait aisément, à notre dégaine bien modeste et aux poussières des routes sur nos pieds, que nous venions d’une famille modeste.

Nous nous fîmes ainsi remarquer par bien des gens lors de cette marche à pied quotidienne. Il se trouve que nous passions toujours devant la demeure du Sous-Préfet de Katiola.

 

« Le jaloux, paralysé par son envie de ce qu’il ne m& (...)

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