Cacao : les planteurs ivoiriens veulent traduire en justice des dirigeants de la filière

  • Source: AFP
  • Date: mer. 05 avr. 2017
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Les planteurs de cacao de Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de la fève, vont traduire en justice, pour "l’opacité de leur gestion", les dirigeants de la filière, secouée par une crise née de la mévente de la récolte, a annoncé mercredi leur avocat.

Les cours du cacao sont tombés début mars à leur niveau le plus bas depuis plus de trois ans, en raison d’un excédent prévu de 264.000 tonnes de l’offre par rapport à la demande pour la saison 2016-2017 qui a commencé en octobre.

Depuis novembre 2016, les producteurs ivoiriens n’arrivent plus à écouler leur récolte et les prix minimum d’achat, fixés par le gouvernement ne sont plus respectés, selon leur syndicat.

"Face à la détresse et au désarroi des paysans", le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) "va intenter une action en justice en vue de faire valoir les droits et les intérêts de ses membres", a déclaré Me Mamadou Lamine Diarrassouba, l’avocat du syndicat, lors d’une conférence de presse.

La plainte, qui sera "déposée dès vendredi", vise le Conseil du café-cacao (CCC), chargé de la régulation et de la stabilisation de la filière, pour "ses dérives et l’opacité de sa gestion", selon Me Lamine.

Le CCC, dont les membres sont nommés par le gouvernement, est notamment chargé de la gestion d’un "fonds de réserve technique", créé en 2013 pour indemniser les cultivateurs en cas des chute des prix. Son montant était
estimé à 170 milliards de FCFA (environ 260 millions d’euros) en 2016.

Les paysans reprochent au CCC de ne pas avoir débloqué le fonds malgré la crise. "Le préjudice causé aux planteurs par le blocage plus de 300.000 tonnes de cacao (non vendu) s’élève à 80 milliards de francs CFA (122 millions
d’euros)", a souligné leur avocat.

"Où est passé ce fonds de réserve? Car la filière n’a pas connu de crise depuis quatre ans", depuis que les prélèvements alimentant le fonds ont commencé, a demandé l’avocat qui entend également porter "les manquements
graves des exportateurs" devant le tribunal.
De nombreux cultivateurs ont été confrontés récemment à des impayés, alors que le nombre d’exportateurs agréés par le CCC a presque doublé ces dernières années.

Début mars, la filière française du commerce équitable s’était inquiétée de la forte chute des cours du cacao pour l’avenir des petits producteurs et des risques de grave tension sociale en Côte d’Ivoire.

"Les cours du cacao ont perdu plus de 35% de leur valeur en si peu detemps" s’est alarmé récemment Massandjé Touré-Litse, directrice du CCC.

Le cacao représente 15% du PIB de la Côte d’Ivoire, plus de 50% de ses recettes d’exportation et les deux tiers des emplois directs et indirects, selon la Banque mondiale.

ck/ayv/




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