Un proche d'Affi N'Guessan cogne le camp Sangaré : « Il faut sortir de la logique du ''Gbagbo ou rien'' »


Jean Bonin Kouadio
  • Source: linfodrome.com
  • Date: vend. 13 janv. 2017
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Face à la crise qui secoue le Front populaire ivoirien (FPI), un proche de Pascal Affi N'guessan est à nouveau monté au créneau. Dans une contribution publiée sur la toile, ce pro-Affi ne se fait pas prier pour tancer le camp d'Aboudrahamane Sangaré, qu'il appelle à la raison.

Convié à un débat politique hier par Matt De Bouabre, j'avais pour contradicteur Dakouri Roger, sympathisant du FPI et réfugié politique à Accra.

L'enseignement principal que je tire de ce débat c'est que la crise de positionnement au FPI ne prendra pas fin tant que certains parmi nous n'auront pas fait le deuil du traumatisme subi lors de la perte du pouvoir en 2011 et des effets collatéraux qui en ont résulté.

Pourtant il faudra nécessairement faire ce deuil pour pouvoir rebondir et être utile à toute la nation et non pas seulement aux pro-Gbagbo.

L'absence de deuil ne permet pas de contenir ses ressentiments et autres mauvais sentiments. Si tant est que le FPI aspire à reconquérir le pouvoir d'Etat dans l'intérêt de tous les ivoiriens, nombreux parmi nous devront, sans renier les acquis d'hier, être capables de se projeter vers l'avenir, sans rancœur et sans rancune.

Certains parmi nous ont tellement été habitués à vivre sous l'ombre et l'autorité du Pdt Gbagbo qu'ils ont perdu tout esprit critique et autocritique, tout sens des réalités et toute capacité personnelle d'initiative. C'est tragique.

Tragique car c'est un signe de faillite, d'impuissance et de résignation. Tragique car certains n'arrivent toujours pas à comprendre que Gbagbo est en prison et qu'il a plus besoin de nous que n'avons besoin de lui.

Il n'appartient pas à Gbagbo, depuis sa cellule de mener le combat pour la libération de la Côte d'Ivoire et la sienne. Non, Gbagbo a besoin d'un parti fort, animé par les militants aguerris et déterminés.

Il faut sortir de la logique de l'exclusion virtuelle tout azimut, de la radiation puérile à tour de bras de ceux qui pensent différemment. C'est cela le sens de la pluralité d'opinion, une des raisons de la création du FPI.

Il faut sortir de la logique du "Gbagbo ou rien" pour le "Gbagbo et nous". Il ne faut pas confondre le désir de la majorité des ivoiriens, y compris de certains militants du RDR ou du PDCI de voir Gbagbo libre avec une posture de "Gbagbo ou rien" car "Gbagbo ou rien" n'est pas un projet politique, c'est juste un slogan.

Ce slogan est pour certains l'expression d'une douleur, pour beaucoup une hypocrisie, un fonds de commerce et pour d'autres : "une arme" pour combattre Affi.

"Gbagbo et la Côte d'Ivoire" a un sens. Il est un projet politique. Oui, en même temps que nous luttons, chacun, avec sa méthode, pour la libération de la Côte d'Ivoire et de tous ses filles et fils, nous devons parallèlement nous battre pour l'ensemble des ivoiriens qui souffrent et qui aspirent à des changements fondamentaux dans notre pays et dans leur condition de vie. C'est cela se préoccuper du peuple.

L'intérêt du peuple c'est la libération de tous les détenus, le retour des exilés... bref, la normalisation de la vie sociale et politique. Cela, dans la situation actuelle de notre pays, nécessité des compromis.

Or certains parmi nous assimilent ce compromis qui conduit au dialogue politique et républicain a de la traîtrise, de la lâcheté, de la compromission. Ils ont tort. Ils sont excessivement émotifs.

Comme dans toutes situations de stress post-traumatique, ceux-ci développent des tendances à l'affrontement et quelques fois même à des démarches quasi suicidaires en refusant et en boycottant tout.

La posture du non à tout c'est le refus du dialogue politique, du repositionnement du FPI vis-à-vis de la communauté nationale et internationale, des élections, du retour des exilés et des réfugiés, de la décrispation et de l'apaisement de l'environnement sociopolitique, de la réconciliation nationale et interne au FPI...

Mon point de vue est que nous devons accepter de regarder la réalité en face, de tirer les enseignements de la crise, faire preuve de sagesse, de lucidité et de discernement pour définir une stratégie pertinente, efficiente et efficace pour la suite du combat politique.

Aveuglés par la colère et le ressentiment, le camp ou le Front du refus veut en découdre. Ses tenants croient que la situation sociale est suffisamment mûre pour une révolution sociale, pour des manifestations de masse qui contraindraient nos adversaires à la capitulation. C'est une mauvaise lecture politique et un déni de la réalité.

Je milite pour une politique de la décrispation et de la normalisation par le dialogue politique, dynamique et sans compromission, ce qui bien évidemment n'exclut pas les moyens démocratiques de manifestation.

Je suis un progressiste. Comme tel, je considère que nous devons mettre un terme à la spirale de la violence dans lequel le parti au pouvoir veut nous contraindre car il s'y plaît et y excelle. Je milite pour mettre fin à l'instabilité chronique que connaît notre pays depuis près de vingt ans. Au pouvoir je la condamnais. Dans l'opposition je la décrie toujours. Je suis constant. Au pouvoir comme dans l'opposition.

Je suis convaincu que sans la paix, la cohésion sociale et la stabilité politique, il n'y aura pas d'avenir pour notre pays et nos enfants. C'est pourquoi j'ai moi-même fait le deuil des traumatismes et frustrations que j'ai subi, avant, pendant et après la crise post-électorale.

Je rêve d'une Côte d'Ivoire : réconciliée, fraternelle, solidaire, prospère et démocratique, aux antipodes de ce qui nous est servi par les tenants actuels du pouvoir et leur politique d'exclusion, de rattrapage et de pillage planifié des ressources du pays.

Je veux défendre une vision progress (...)

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