Guerre de succession à Ouattara : Soro - Hamed Bakayoko, le ton monte


Le chef du parlement ivoirien, Guillaume Soro, et Hamed Bakayoko, le ministre de l'Intérieur, deux égo qui minent l'entourage du président de la République, Alassane Ouattara (Photo d'archives)
  • Source: L'Inter
  • Date: jeu. 11 août 2016
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Guillaume Soro et Hamed Bakayoko ne se vouent plus l'amitié qui les liait avant l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara. Même s'ils n'affichent pas publiquement leur inimitié, ces deux proches de l'actuel président ivoirien ne manquent pas d'occasion pour se livrer à une guerre larvée.

Une véritable guerre froide entretenue à mots mi-couverts dont il faut redouter qu'elle explose à l'horizon. Ces dernières semaines, le ton semble monter d'un cran entre les deux individus et leurs clans, qui se regardent en chiens de faïence et s'efforcent, sans y arriver, de ne pas laisser transparaître leurs ressentiments les uns pour les autres.

Tout est parti des manifestations violentes lors des protestations contre la hausse constatée par les ménages sur les coûts des factures d'électricité. Ces manifestations, qui ont débuté le 19 juillet à Yamoussoukro, et ont atteint Daloa et Tiassalé le lendemain 20 juillet 2016, gagneront plus en intensité le vendredi 22 juillet à Bouaké, où elles ont pris une toute autre ampleur au regard des dégâts causés. Le même jour, contrairement aux autres fois, une réunion d'urgence du Rassemblement des Houphouétistes (Rhdp), coalition politique au pouvoir, est convoquée au siège du Pdci-Rda pour prendre position sur la situation.

Au sortir de cette réunion, qui a vu la participation du ministre de l'Energie et du pétrole, Adama Toungara, une déclaration est faite par le secrétaire général par intérim du Rdr, Amadou Soumahoro, par ailleurs président du Directoire du Rhdp. Ce dernier dénonce à la suite des manifestations, « des actes téléguidés par des mains obscures et des individus aux intentions inavouées ». Le lendemain samedi, une autre réunion de crise est organisée avec les jeunes du parti au pouvoir par le secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation, Adama Bictogo et le conseiller du président de la République chargé de la Jeunesse, Touré Moussa.

A l'issue de cette réunion qui se déroule à huis clos, le ministre Bictogo dévoilera un pan de ce qui s'est dit dans la ''case''. « La rencontre de ce jour avec le Rjr obéit au fait que nos jeunes, devant la situation actuelle, doivent se mobiliser pour s'opposer à toute forme de violence, même si l'expression de la manifestation est autorisée par la loi. Qu'ils se lèvent pour que toute forme de violence ne puisse pas s'exercer. La réunion de ce jour avait pour objectif de mettre nos jeunes en ordre de bataille ». Un appel à la mobilisation, qui signifie qu'il y avait péril en la demeure. D'ailleurs, le lundi 25 juillet, un Bureau politique du Rdr sera convoqué à nouveau, au cours duquel les mêmes soupçons de « mains occultes » sont évoqués. Guillaume Soro en aurait-il pris la graine ? 

 

Soro et les ''Ponce Pilate''

La réaction du président de l'Assemblée nationale ne se fera pas trop attendre. Lui, dont les renseignements ont dû certainement l'informer de ce qu'il serait indexé sur les événements qui venaient de se produire à Bouaké.

Dans une publication sur sa page facebook, le chef du parlement ivoirien, qui semble observer une trêve médiatique depuis quelque temps, se fait entendre. « Chers frères et sœurs, soyons des hommes et des femmes responsables, comme le Christ nous le recommande par son propre courage et son amour de la vérité. Quand nous nous sommes trompés, demandons pardon, faisons preuve de reconnaissance et réparons les torts que nous avons causés aux autres. La vie de la créature humaine s'allège et se purifie dans l'humilité et le pardon. Car, quand tu accuses lâchement ton frère en le pointant de l'index, n'oublie pas les quatre autres doigts qui se replient vers toi-même... », écrivait Guillaume Soro, dimanche 24 juillet 2016, en prenant prétexte d'un sermon sur la base d'un passage biblique pour dénoncer les ''Ponce Pilate'', synonyme de «lâcheté absolue » et de « traîtrise cynique » et se défendre éventuellement contre toute accusation.

A qui adresse-t-il ces mots ? Le président de l'Assemblée nationale laisse le(s) concerné(s) le deviner. Mardi 26 juillet 2016, profitant de la tribune de la clôture de la première session ordinaire de l'Assemblée nationale, le (...)

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