Nouvelle indemnisation des victimes des déchets toxiques/ Koné Cheick Oumar: «Qu'on arrête d'arnaquer les victimes» « Trafigura ne fera rien, si...»

  • Source: L'inter
  • Date: jeu. 28 avr. 2016
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L'affaire des déchets toxiques est toujours d'actualité en Côte d'Ivoire. Cette situation s'explique par l'annonce des nouvelles indemnisations et procédures, le recensement de nouvelles victimes. De même que le procès de détournement en cours au palais de justice au Plateau. Dans cet entretien Koné Cheick Oumar fait des éclairages.

On entend dire qu'un procès est en cours et qu'une indemnisation est imminente. Qu'en pensez-vous ?

On entend dire que des procédures sont engagées à Londres  et à Amsterdam contre Leigh Day and Co ou contre Trafigura pour mauvaise gestion des 22 milliards de Fcfa  des victimes des déchets toxiques. Et que des indemnisations seraient  imminentes. On inviterait  même victimes  à se faire  réenregistrer pour confirmation des listes. Ces procédures, dont les gens parlent, sont relatives  à celle de Leigh Day and Co. C'est une aberration. Le cabinet anglais  a été mandaté par les victimes  pour aller chercher une indemnisation auprès de Trafigura. Au terme de la procédure et suite à un arrangement, Trafigura a décaissé 22,5 milliards de Fcfa en 2010 pour les victimes des déchets toxiques. La justice ivoirienne a confié l’indemnisation des victimes à la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d'Ivoire ( Cnvdt), à l'issue d'une autre procédure.  En marge de cette affaire, nous avons découvert que près de 60 milliards de nos francs avaient été réservés pour  payer les honoraires de ces avocats anglais. Nous nous sommes opposés au payement de ces fonds aux 11 avocats anglais. Car, on ne peut pas donner  22,5 milliards à près de 29 000 victimes contre 60 milliards de Fcfa pour les honoraires des 11 avocats anglais mandatés pour faire aboutir la procédure. Ces fonds doivent revenir aux victimes. C'est au moment où nous sommes en train de  résoudre cette affaire par la voie de la négociation qu' un groupe de victimes, conduit par le sieur Yao Pipira, disent attaquer Leigh Day and Co à Londres ou à Amsterdam pour mauvaise gestion de ces fonds. Il faut que le Pipira et son groupe s'occupent de l'indemnisation des 600 milles victimes qu'ils ont enregistrées avant de s'intéresser à cette affaire qui concerne les victimes de Leigh Day and Co.

 

Il nous revient que ce sont les mêmes victimes qui se retrouvent dans cette autre procédure.

Pipira et ses 600 victimes ont leur avocat, Fadiga et autres. Marvin Ouattara et ses soit disant 100 milles victimes ont également leur avocat, Asquet et autres. Ils ont déjà une procédure 600 milles victimes à indemniser depuis près de 10 ans . Ils se battent pour çà. On les encourage à continuer dans ce sens mais qu'il laisse nos 29 milles victimes. Et comme des gens pêchent en eau trouble. Il faut qu'ils troublent l'eau pour pêcher. Nous leur demandons de laisser notre eau calme dans l’intérêt des victimes de la procédure Leigh Day and co.

 

Pensez-vous qu'ils n'ont pas les moyens pour atteindre leurs objectifs?

Je ne mets pas en doute la volonté de nos amis de faire des procès. Entre vouloir et pouvoir, il y a un fossé. On  peut faire une assignation à tout moment. Pour arriver au procès, il faut payer.  Il faut enrôler le dossier pour qu'il passe devant le juge. A Abidjan , il faut payer 30 000 Fcfa. A Londres ou a Amsterdam, il faut payer 150 euros, soit 100 milles Fcfa.  J'ai entendu parler qu'ils ont des sponsors, ou des assurances. Mais quand tu as 600 milles victimes  multipliées par 100 milles Fcfa ou 100 milles victimes par 100 milles Fcfa, on parle de chiffres allant dans les milliards de Fcfa. Je vois qu'on prend de l'argent aux victimes ici. Est-ce que ce sont-elles qui doivent payer chacune 100000 Fcfa  pour faire enrôler leurs dossiers ?  On ne peut  pas faire un procès avec ces 10 000 Fcfa ou  15 000 Fcfa qu'on prend avec les victimes des déchets toxiques. C'est trop facile de dire  j'ai intenté une action contre Trafigura, en comptant sur les victimes.  Sans argent, tu fais quoi le jour du procès ?. Même quand c'est possible,  la procédure est longue. Maintenant, nous comprenons que c'est une manière à eux de  faire tout ce bruit pour attirer Trafigura  à la table des négociations. Trafigura est rodée. On l'a trop attiré dans des fossés. Les responsables de cette entreprise connaissent des terrains rocailleux pour les avoir pratiqués.  Il faut des vieux routiers comme nous pour les y amener.  Si vous voulez aller en procès tant mieux. Mais demander aux victimes de repartir dans leurs bases et leur demander de se faire réenregistrer moyennant de l'argent, c'est de l'escroquerie. Il faut arrêter çà. Pour des gens qui ont déjà payé pour se faire inscrire, on ne peut pas leur demander de payer à nouveau pour faire confirmer les listes. Ce n'est pas correct. C'est de l'escroquerie. Il faut arrêter immédiatement. Il faut être sérieux pour gérer cette affaire et en finir une fois pour toute.

 

Ces recensement se font avec le consentement des victimes ? Comment expliquez-vous que les mêmes se retrouvent-elles parfois sur les listes des différentes associations ?

Ce sont les mêmes victimes qui s'inscrivent sur  les différentes listes des associations présidées par Yao Pipira, Ouattara Marvin ou Claude Gohourou.  Demain, quand les procédures vont commencer, ces failles seront relevées aux avocats. Tous les avocats qui vont aller défendre ces dossiers, vont toujours se faire ridiculiser quand ils vont se rendre compte que leurs victimes se trouvent sur la liste  de Piripra, Marvin ou Soro Do. Les mêmes victimes s'inscrivent auprès des différentes structures, puis attendent de voir laquelle va trouver le bon créneau pour être indemnisée. C'est plus que de la loterie.  Nous avons essayé de créer une coordination de victimes. Mais on n'a pas été compris. A ce jour, plusieurs listes sont sur la table de Trafigura. Cette entreprise se moque de nous parce que les mêmes noms  reviennent. L’État, confronté aux mêmes réalités, ne peut que douter sur l'existence de ces victimes. Vers la fin, l’État s'est occupé à la dépollution des sites  et ne parle plus  de victimes.

 

Avez-vous déjà commencé les démarches pour la constitution d'une liste commune ?

J'ai pris mon bâton de pèlerin pour parler à ces différents leaders. J'ai appelé les victimes (...) Lire La suite sur Linfodrome

 




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