Depuis Accra / Koné Katinan : « Avant qu'ils n'arrivent à leur émergence, tous les Ivoiriens seront morts... »
« Tout est à l'envers dans ce pays »
« Un vrai débat politique s'impose à notre pays »


(Photo d'archives)
  • Source: Soir Info
  • Date: vend. 22 avr. 2016
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Le Porte-parole de Laurent Gbagbo, Koné Katinan Justin, a rendu hommage à Ben Soumahoro, mardi 19 avril 2016, à Accra, lors de la levée de corps de l'ex-député de Bako.

Nous vous proposons l'essentiel de l'oraison funèbre que l'ex-ministre du Budget de Laurent Gbagbo a dite au nom de la Coordination du Front populaire ivoirien (Fpi) en exil et de tous les exilés

 

« Chers camarades,
Nous voici réunis une fois encore, en un autre jour triste, pour porter un autre deuil. Oui, il est là couché devant nous inerte, le Big, l'immense journaliste au talent mondialement reconnu, le député et tribun hors commun, le beau Ben Soumahoro, étendu dans la même position que naguère Paul Antoine Bohoun Bouabré, Gomont Jean Baptiste, Gnan Raymond, le commissaire Gnahoua dit Kabila, Jérôme Bro Gregbé, le colonel Koulahi, le colonel Ahouman, et plus d'une soixantaine d'autres Ivoiriens, tous morts loin de leurs terres natales. Tous ces Ivoiriens et Ivoiriennes ont un point commun. Ils sont pro-Gbagbo. Pour cela seul, ils focalisent sur eux une haine morbide de la part d'une coalition dont les membres ont décidé de vivre ensemble, entre eux, un bonheur familial et clanique, en expurgeant, au pire par la mort et, au mieux, par des emprisonnements massifs, celles et ceux des Ivoiriennes et des Ivoiriens, qui ne sont plus membres de la communauté humaine ni nationale, ni internationale depuis un certain 11 avril 2011. 

Mais combien de temps et combien de morts faudra-t-il à cette coalition pour lui faire prendre conscience de sa responsabilité devant l'histoire. Combien de temps, il lui faudra pour comprendre également que la bonne mort, la mort idéale pour chaque soldat est la mort sur le champ d'honneur. Ben Soumahoro est un soldat, un combattant de la liberté, il a glorifié sa vie en choisissant de mourir un 11 avril, pour nous rappeler que le 11 avril ne sera jamais une date banale pour les combattants de la liberté. Parfois, la profondeur des sentiments se cache dans le symbolisme. Il faut parfois aussi un grand sacrifice pour remettre l'ordre là où le désordre est grand. Or, c'est faire preuve d'euphémisme que de dire que la société ivoirienne a emprunté un chemin qui l'éloigne de la morale et de la justice sociale. Tout est à l'envers dans ce pays. Une justice borgne qui ne voit que d'un seul œil, et toujours du même côté, un gouvernement qui choisit à la fois ses amis et ses adversaires, une police ultra violente et une Armée aux allures d'une milice privée. Avec un tel 

tableau, il y a des gens qui continuent de s'interroger sur la raison de la présence de nombreuses personnes en exil. Le sacrifice pour remettre les choses à l'endroit, sera énorme, et notre bien aimé Ben, le Waraba, notre grande panthère, est un sacrifice majeur et chacun doit, à quelque position qu'il occupe dans notre société, faire en sorte qu'il en soit le dernier. Il est de notre devoir d'élever Ben Soumahaoro au rang de héros national. C'est pourquoi, je nous demande humblement de nous lever, pour applaudir avec enthousiasme Ben Soumahoro.

Un vrai débat politique s'impose à notre pays. Nous ne pouvons pas faire l'économie de ce débat au détriment de la cohésion nationale. La rancœur est vivace et l'onde de choc que provoque la mort de l'honorable Ben Soumahoro, ne fera que renforcer cette rancoeur; surtout que, de son vivant, il avait déjà publiquement désigné son bourreau en ces termes et je le cite : (…). Certains propos tenus par une seule personne que nous pouvons trouver caricaturaux et excessifs révèlent, en réalité, l'état d'esprit de toute une communauté. Il y a, en effet, quelque chose d'immoral et d'inhumain de soit laisser mourir, en les privant du fruit de leur labeur, soit emprisonner arbitrairement des personnes de référence nationale et internationale, qui ont tant donné à la nation. 

Au moment où je prononce cette oraison, je vous prie d'avoir une pensée pour l'un de nos anciens et grand militant, le doyen Koné Minléh de Sinematiali. Celui-là même qui a donné gracieusement sa maison à notre parti pour en faire son siège à Sinématiali. Au lendemain du 11 avril 2011, il a été arrêté, emprisonné sans jugement, lui ses 3 enfants et son neveu, pendant 4 ans. Libéré il y a quelque temps, des nouvelles rumeurs d'une nouvelle arrestation lui étant parvenues, il a préféré s'en aller. Il a rendu l'âme hier (mardi dernier, Ndlr). Il est du nord tout comme le doyen Ben Soumahoro. 

Une nation à qui l'on ampute une partie de son élite, qui par ailleurs, est bafouée, perd ses repères. Cette nation est condamnée. C'est une vérité historique qui soumet toujours le cours de l'histoire des peuples. 

A vous Madame Ben Soumahoro, merci, merci d'avoir été là quand notre papa, notre frère, notre ami et notre camarade, avait le plus besoin de toi. don't be sorrowful at all. You fill ful your duty. Thank you very much.

Quant à vous mes petits frères et petites sœurs, nous comprenons votre peine. Elle est légitime, et vos larmes sont justes. En effet, vous traversez une autre épreuve difficile après celle relative au décès, il y a seulement quelque temps, de votre frère aîné. Mais n'oubliez pas que vous êtes nés purs et grands. A-t-on besoin de vous rappeler que votre père est à la fois un homme grand et un grand homme. Vous êtes nés d'une panthère, adoptez donc, en toute circonstance, la posture d'une panthère. Ne rampez jamais, c'est la position des reptiles, des êtres sans dignité, sans élévation. Ils se confondent avec le sol. Vous, prenez la position qui vous élève. C'est seulement en cela que vous mériterez le grand héritage que vous laisse le big Ben. Sachez que son talent, son opiniâtreté, (...)

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