Menace terroriste : Ce qui se passe sur des plages et dans des réceptifs hôteliers à Jacqueville
Plusieurs réservations annulées
La gendarmerie et la police maritime mobilisées


Malgré la psychose qui gagne les populations, certains expatriés ne boudent pas leur plaisir et continuent de se rendre sur les plages. (Photo : I.B.)
  • Source: L'Inter
  • Date: mer. 23 mars 2016
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Jacqueville, cité balnéaire située à 48 kilomètres d'Abidjan, comme la plupart des villes de la côtière ivoirienne vit une ambiance particulière depuis l'attaque terroriste de Grand-Bassam.

Populations et opérateurs économiques sont gagnés par la peur d'une éventuelle attaque de leur cité. Une peur alimentée surtout par les folles rumeurs qui circulent dans la ville et qui mettent à mal l'activité économique. Approchés, des gérants de réceptifs hôteliers de Jacqueville n'ont pas caché leur désarroi. Ils sont unanimes que leur business a fortement baissé. « Il n'y a plus d'affluence. Les rumeurs font que les gens ont peur de venir dans nos réceptifs. Et, pourtant nous avons des marins juste à côté de nous, ce qui est un peu rassurant », confie Akpoué Kouakou Roger, gérant d'un réceptif hôtelier situé au pied du pont de Jacqueville, à N'Djem. A la vérité, la présence de marins à proximité de ce réceptif n'est pas rassurante, contrairement à l'attente du gérant. Dans cette atmosphère, les quelques cars de convois et véhicules personnels qui franchissent le pont sont une curiosité pour les habitants de la cité. Regroupés entre amis, des jeunes s'interrogent sur la présence de ces visiteurs dans la ville malgré la menace terroriste qui plane. On entend même certains de ces jeunes faire des mises en garde sévères du genre : « Ne nous envoyez pas des ennuis ici. Dans tous les cas, à Jacqueville, il y a une seule entrée et une seule sortie ». Une hostilité vis-à-vis des visiteurs que n'apprécient guère les vendeuses de poissons et de crustacés qui ont ouvert leur commerce juste à la descente du pont. Ces dames venues faire du business scrutent l'horizon à la recherche de potentiels clients. Elles vont même jusqu'à compter les véhicules qui rentrent dans la cité au point d'informer que l'affluence n'est pas la même que celle des autres week-ends. En clair, un manque à gagner pour ces vendeuses qui ne demandent qu'à faire de bonnes affaires avec leurs clients des week-ends. Des difficultés que rencontrent également les responsables des réceptifs hôteliers de cette localité. « Depuis l'événement du week-end dernier à Grand-Bassam, les choses se passent mal pour nous. Habituellement, nous recevions des clients à partir de vendredi soir. Mais, aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Si la situation perdure jusqu'à la fin du mois, on ressentira plus le manque à gagner. On continue de faire nos stocks normalement, mais les choses ne bougent pas comme il se doit », déplore Isaac Bouazy, responsable d'une station balnéaire du village de Sassako Begnini, situé à quelques kilomètres de Jacqueville. Il a évoqué quelques mesures sécuritaires prises  pour rassurer sa clientèle. Notamment, le recrutement d'un vigile et de cinq jeunes pour assurer la sécurité du site, les week-ends. 

 

30 marins pour sécuriser les plages de Jacqueville

A côté de cela, il a lancé un appel aux autorités pour qu'elles renforcent la sécurité sur les plages. « Plus il y a la sécurité, plus les gens sont confiants », a-t-il dit. Geneviève Sia épouse Yao est la responsable d'un autre point d'attraction à Jacqueville. Elle explique aussi que sa clientèle a baissé à cause de la situation. Au cours de l'entretien avec la responsable de ce réceptif hôtelier, un groupe de jeunes et leurs encadreurs, à bord d'un convoi de trois cars de plus de 100 places chacun, font leur entrée sur le site. Renseignements pris, il s'agit de plus de 300 élèves du Groupe scolaire Guchanrolain présents à Jacqueville dans le cadre d'une sortie d'études. Mme Yao confie que ce groupe avait fait sa réservation depuis plusieurs semaines, c'est-à-dire avant les événements de Grand-Bassam, toute chose qui justifierait leur présence. En dehors de ces élèves, elle mentionne également la présence de quelques clients. Par contre, une autre catégorie de clients, encore sous le choc des événements de Grand-Bassam, confie-t-elle, ont purement et simplement annulé leurs réservations du week-end et des week-ends à venir. « En plus de ces élè (...)

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