Zone portuaire d'Abidjan: La Rue des pêcheurs à la recherche d'un nouveau souffle

  • Source: Fraternité Matin
  • Date: mer. 11 nov. 2015
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La dégradation avancée de la voirie préoccupe les automobilistes et les opérateurs exerçant sur cette plateforme considérée comme le poumon économique de la Côte d'ivoire.

Réhabilitée au lendemain de la crise post-électorale, la Rue des pêcheurs, dans la zone portuaire de la capitale économique est à nouveau dégradée.
Mercredi 4 novembre 2015, sur le bruyant axe de la Rue des pêcheurs, dans la zone portuaire d'Abidjan, Ouédraogo Ablassi vient de décharger un conteneur frigorifique dans une entreprise spécialisée dans le froid. Son camion peut transporter jusqu'à 27 tonnes de marchandises. La veille, une forte pluie s'est abattue sur la ville.
Quelques instants auparavant, au meme endroit, ce chauffeur de poids lourd de l'entreprise Les Centaures routiers montrait des signes d'inquiétude. « C'est avec la peur au ventre qu'on vient ici. La voie est fortement dégradée. En plus des embouteillages que cela entraîne, nos camions peuvent se renverser car ils tanguent beaucoup. De plus, on peut avoir une panne à tout moment ». Une assertion que confirme un autre chauffeur, Kéita Abdoulaye, qui travaille à son propre compte. Etendu paisiblement dans son camion, il attend patiemment ses clients, depuis le matin, pour le transport de leurs marchandises, du poisson en général, dans les différentes communes d'Abidjan. « Récemment, l'un des nôtres s'est retrouvé avec un roulement cassé quelques minutes après le chargement lorsque son véhicule est passé dans un nid-de-poule », explique-t-il. «Il a fallu décharger la marchandise du véhicule. L'opération lui a fait perdre du temps et lui a coûté un nouveau roulement de 20 mille FCfa », ajoute-t-il.

À l'instar de Ouédraogo Ablassi et Kéita Abdoulaye, tout comme les nombreuses entreprises frigorifiques installées dans cette zone à côté de la gendarmerie du Port autonome d'Abidjan (Paa), ils sont nombreux les usagers et opérateurs économiques à s'inquiéter de la forte dégradation de cet axe. Lequel finit sa course au carrefour Sodeci, quelques mètres après la morgue du Chu de Treichville.

Sur plusieurs centaines de mètres, le bitume a disparu, laissant place à d'énormes nids-de-poule parfois cachés par des flaques d'eau. Quelquefois, c'est la boue qu'on aperçoit partout. Les usagers sont obligés d'avancer à pas de tortue sur cet axe fréquenté quotidiennement par plusieurs centaines de véhicules,notamment les poids lourds. Toute la journée, ces engins passent et repassent « Depuis que la voie a commencé à se dégrader, c'est un calvaire. Avant, moins de cinq minutes suffisaient pour sortir de cette zone avec nos véhicules. Mais, ce n'est plus le cas à présent », fait remarquer Kéita Abdoulaye. Selon lui, il faudrait dés-
ormais environ une
demi-heure pour parcourir l'axe, surtout entre 7 et 9h les matins et entre 17 et 19h30 les soirs. Des tranches horaires pendant lesquelles il y a des «embouteillages monstres » à cet endroit. «Il faudrait que la situation change », plaide Adouko Hermann, un automobiliste. « Cest une zone de poids lourds. Pourquoi ne pas mettre du bitume adapté à ces véhicules ? », s'interroge Ouédraogo Ablassi.

La compétitivité en jeu Pour Kobenan Nestor, gestionnaire de stocks, la compétitivité des entreprises est en jeu. « Plus le délai de livraison dure, moins nous sommes efficaces. Cest de l'argent et de l'efficacité que nous perdons. Si le port veut aller loin, alors nous ne devons plus avoir de telles voies dégradées », souligne-t-il.

Pour ce qui est du boulevard du Port autonome d'Abidjan, des signes de dégradation sont perceptibles. Avant le Tri postal, entre les entreprises Unilever et Atc Comafrique, des nids-de-poule se dessinent progressivement. En plus de la boue, des flaques d'eau stagnent également par endroits. La voie qui passe devant les entreprises productrices de ciment, notamment Socimat, non loin du Bureau Abidjan port (Bap) présentent également le même visage.
Pour les automobilistes qui se rendent à la direction générale du port d'Abidjan via le pont Félix Houphouët-Boigny, malgré le beau décor fait de fleurs aux couleurs apaisantes, sur une dizaine de mètres, la route est désormais impraticable. Les chauffeurs qui doivent contourner des crevasses n'ont pas la tâche facile. Une gymnastique pas vraiment aisee qui ne favorise pas la fluidité de la circulation.

Le poumon économique Le Port d'Abidjan est le véritable poumon économique du pays puisqu'il est à la base de près de 90% des échanges du pays avec l'extérieur. Pour maintenir le cap, cette société d'État s'est lancée, depuis quelques années, dans une vaste politique de modernisation de ses infrastructures.

Un nouveau môle de 28,62 milliards de FCfa y a été installé il y a deux mois. .A. l'occasion de l'inauguration de cette infrastructure, le directeur général du Paa, Hien Sié, avait rappelé la nécessité de construire des parkings dans plusieurs communes de la capitale économique pour décongestionner la zone portuaire et résoudre le problème de la fluidité routière. D'autant que de nombreux poids lourds ont du mal à stationner convenablement dans la zone portuaire.

D'importants travaux d'élargissement du canal de Vridi et la construction d'un 2e terminal à conteneurs sont en cours pour un coût de 56o milliards de FCfa. Les ambitions du gouvernement ivoirien et des dirigeants du Paa sont claires : faire face à la compétitivité sous-régionale dans un contexte où les ports de Dakar (Sénégal), Tema (Ghana) et Lomé (Togo) tentent de se positionner en tant que leaders, sans oublier ceux de l'Afrique du Centre.

ANOH KOUAO




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