Côte d'Ivoire : pas d'élections ''apaisées'' dans le climat actuel (Konan Banny)


(Photo d'archives)
  • Source: AFP
  • Date: sam. 03 oct. 2015
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Les conditions permettant la tenue d'élections "apaisées" en Côte d'Ivoire fin octobre ne sont à ce jour "pas réunies", a estimé vendredi l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, qui appelle le président sortant Alassane Ouattara à ouvrir le dialogue avec l'opposition.

Les deux hommes figurent au nombre des dix candidats à la présidentielle du 25 octobre. Face à une opposition morcelée, M. Ouattara fait figure de favori.

"Si l'on s'en tient au climat actuel (...), les conditions pour avoir des élections libres et apaisées ne sont pas réunies", a déclaré M. Konan Banny, de passage à Paris, dans un entretien à l'AFP.

Ce scrutin représente une étape cruciale pour la stabilisation de la Côte d'Ivoire, après la crise qui a suivi la victoire d'Alassane Ouattara sur son prédécesseur Laurent Gbagbo, en 2010. Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois dans des violences causées par la contestation des résultats.

A l'approche de cette échéance électorale, des manifestations et des troubles sporadiques ont éclaté dans le pays.

Pour M. Konan Banny "il faut faire évoluer le climat actuel, qui est un climat de défiance" et pour cela "créer une enceinte de concertation" entre le pouvoir et l'opposition. "Il n'est jamais trop tard pour bien faire (...) La paix n'a pas de prix", a-t-il souligné.

Il épingle en particulier les conditions d'établissement des listes électorales, où sont inscrit 6,3 millions d'électeurs, et le manque d'indépendance de la commission électorale (CEI).

"90% des membres de la commission électorale dite indépendante sont les représentants d'un seul candidat: le président sortant", a accusé M. Konan Banny.

M. Ouattara avait annoncé "qu'il allait nous recevoir en septembre" pour dialoguer, a rappelé l'ancien Premier ministre, "je lui apprends que nous sommes en octobre".

Faute d'avancées sur ces questions, "on avisera et le peuple dira", a ajouté M. Konan Banny sans vouloir se prononcer sur un éventuel boycott du scrutin.

mw/nou/sba




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