Investiture de Gbagbo et fête de la liberté du FPI à Mama : Violent affrontement forces de l'ordre - militants ; Mama transformé en champ de bataille ; plusieurs blessés


Les militants du Fpi ont déferlé sur Mama.
  • Source: Soir Info
  • Date: lun. 04 mai 2015
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Le 3ème congrès extraordinaire du Front populaire ivoirien (Fpi, tendance Sangaré Abou Drahamane) et la fête de la liberté édition 2015, étaient prévus pour être organisés à Mama, village natal de Laurent Gbagbo, du 30 avril au 2 mai 2015. Notre reportage.

Dès 5 h 30 du matin, ce jeudi 30 avril 2015, nous quittons Gagnoa. Direction : Mama. Des rumeurs nous font croire que nous ne pouvons pas franchir le corridor de Ouragahio à la sortie de Gagnoa. Heureusement, nous ne rencontrons aucune difficulté à ce niveau, juste quelques petits contrôles de routine.

A 6 h 15, nous sommes à Ouragahio. Nous empruntons un véhicule qui dessert la ligne Ouragahio- Mama. Le véhicule ne met pas du temps à faire son plein. Malheureusement, nous ne pouvons pas partir. Le chauffeur du véhicule devant nous conduire à Mama est informé par un contact sur place, que la voie d'accès à Mama est coupée à toute circulation au niveau du carrefour Karahi. Des gendarmes et des policiers y ont dressé un barrage. Nous avions eu cette information qui précisait que des échauffourées avaient déjà eu lieu entre des forces de l'ordre qui voulaient entrer dans le village et des jeunes militants du Fpi entre minuit et 1 h du matin. Face à cette situation, nous trouvons rapidement une solution et nous embarquons à bord d'un autre véhicule en partance pour la sous-préfecture de Bayota.

6 h 39, nous arrivons au carrefour Karahi. Effectivement, le blocus est réel. Les forces de l'ordre ont reçu pour consigne de ne laisser personne aller en direction de Mama. Nous déclinons alors notre identité. Après quelques oppositions, le chef de poste nous autorise à nous rendre à Mama. A défaut de véhicule, nous faisons le chemin à pied. Il a fallu 6 kilomètres pour atteindre Mama. Chemin faisant, nous entendons des détonations de grenades lacrymogènes et de bombes de dispersion. Nous dénombrons au total 19 détonations.

 

Les forces de l'ordre replient...

Au niveau du village de Houndjibipa qui fait frontière avec Mama, nous rencontrons deux cargos et 5 pick-up de gendarmes et policiers qui étaient stationnés à Mama, faisant le chemin retour Mama-Karahi. Quelques minutes après, ce sont environ deux cent jeunes scandant des slogans de victoire que nous rencontrons à l'entrée de Mama. Nous nous rendons compte, visiblement, que les forces de l'ordre ont battu en retraite. Est-ce un ordre reçu ? On saura plus tard que deux des leurs avaient été faits prisonniers et libérés par la négociation.

Des jeunes se confient à nous. On apprend qu'il y a eu 5 blessés du côté des jeunes militants du Fpi. Gnaly Franck, un jeune de Mama, nous explique les faits « Nous étions à notre corridor que nous avons dressé à l'entrée du village lorsque très tôt le matin, les forces de l'ordre ont commencé à nous gazer. Surpris, nous avons replié et nous avons appelé du renfort. Nous avons résisté pendant des heures avant de les repousser. Et, nous les suivrons jusqu'à ce qu'ils repartent dans leur camp », témoigne-t-il. Après ce constat, nous revenons sur nos pas en direction du carrefour Karahi. Sur le chemin du retour, nous rencontrons des militants du Fpi qui nous disent qu'ils ont contourné le barrage des forces de l'ordre en passant par la brousse. «Tout ceci est la preuve de la détermination et l'amour pour notre leader, Gbagbo Laurent », déclare Séry Emilienne de la fédération Fpi de Gonaté, dans le département de Daloa.

Traoré Okaly, de la région du hambol (Katiola), ne dit pas autre chose. Pour lui, rien ne pouvait empêcher sa présence à cette fête. Sa délégation et lui sont arrivés au barrage des forces de l'ordre au carrefour Karahi à 2 h du matin. Selon lui, ils y ont passé la nuit. Et, comme la situation ne s'améliorait pas, ils ont emprunté des pistes dans la brousse pour sortir à Mama. Plusieurs délégations ont également emprunté cette même voie pour assister au 3ème congrès extraordinaire leur parti.

 

La réaction de Michel Gbagbo

Vers 9 h, le barrage des forces de l'ordre est levé et les congressistes peuvent enfin accéder à Mama. Sans crainte. Lorsque la direction du Fpi, conduite par Sangaré Abou Dramane, fait son entrée dans le village, c'est le délire. Nous voici à l'intérieur de la résidence de Laurent Gbagbo. Une belle bâtisse imposante au milieu d'une grande cour qui s'étend sur des hectares, à laquelle sont joints des bâtiments annexes. Le congrès peut enfin avoir lieu.

Pendant que les délégations s'installent sous le grand préau de la résidence qui abritera les assises, nous arrachons des mots à certains congressistes. Ils nous expriment leur joie. A l'intérieur de la résidence, Michel Gbagbo accepte de nous parler. « Ma réaction à chaud, c'est de dire que c'est le terrain qui donne la légitimité…Qu'on laisse la liberté de réunion aux associations, c'est cela aussi la démocratie… », déclare le fils aîné de Laurent Gbagbo.

Il est 11 h, lorsque Pr Dano Djédjé Sébastien, le président du congrès, prend la parole pour annoncer officiellement les résultats des élections des (...)

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